SENAT
Séance plénière – 9/12/2004
Question orale
de Mme Mia De Schamphelaere au ministre des Affaires sociales et de
la Santé publique sur «les centres de jour pour patients psychiatriques» (nº 3-493)
Mme Mia
De Schamphelaere (CD&V). – Le ministre a été interrogé à de nombreuses
reprises à ce sujet. Cependant ses explications n’ont jamais été très claires.
Ainsi a-t-il déclaré que de nouvelles pistes de réflexion devaient être
suivies. Je lui pose aujourd’hui quelques questions bien concrètes. Le ministre
peut bien envisager une politique nouvelle et différente, mais tant les
accompagnateurs que les 1600 patients psychiatriques qui perdront leur
accompagnement le 1er janvier 2005 se demandent ce qui se
passera concrètement ensuite.
Après une
évaluation assez positive par la KUL, le ministre a coupé les subsides. La mise
au travail limitée réalisée dans le circuit normal – en moyenne 8% mais 36,5%
dans certains centres – est utilisée comme un argument décisif. Pourtant le
VDAB n’atteint aussi que 12% en moyenne.
Nous avons appris
ce 6 décembre, en même temps que les ministres communautaires chargés de
la prévention, la création d’une cellule Soins de santé mentale chargée de
« formuler des propositions pour la mise en œuvre des concepts de circuits
de soins et de réseaux de soins en santé mentale ».
Quand cette
cellule commencera-t-elle son travail ?
Pour quand
attend-on une première évaluation ?
Que se
passera-t-il concrètement pour les 1.600 patients psychiatriques privés de leur
accompagnement ? Seront-ils pris en charge dans d’autres
équipements ? Que deviendront les 200 accompagnateurs ? Ont-ils été
engagés avec des contrats à durée indéterminée ou déterminée ? Les
premiers signes d’une éventuelle cessation de services datent de septembre
dernier. Ces accompagnateurs ont-ils reçu un avis de licenciement ?
Le ministre
vise-t-il le transfert aux Communautés des soins de santé psychiatriques ?
M. Rudy
Demotte,
ministre des Affaires sociales et de la Santé publique. – Dans le projet pilote
« Activation », du personnel supplémentaire pour les initiatives
d’habitation protégée a été subsidié pour une période d’un an avec pour
objectif d’essayer de donner au patient qui ont un problème psychiatrique une
place à part entière dans la société en les aidant à se réinsérer dans les
circuits normaux de travail et de formation. Il ne s’agissait donc nullement de
financement des centres de jour.
J’en viens aux
questions concrètes. Lors de la réunion de la conférence interministérielle du
6 décembre 2004, il a été décidé que la task force
« soins de santé mentale » commencerait ses travaux au début de 2005.
Le 10 décembre 2004 il y aura une réunion spéciale intercabinets qui
se penchera sur le thème de l’activation.
Mme De
Schamphelaere se réfère à une évaluation du projet pilote sur les « circuits
et réseaux de soins », un projet qui n’a pas encore commencé. L’appel et
le choix des projets sont prévus pour le premier semestre de 2005 et se feront
en collaboration avec la commission correspondante de l’INAMI. Les projets
pourront commencer au plus tôt au deuxième semestre de 2005.
La troisième
question est quelque peu prématurée puisque le projet doit encore démarrer et
que l’évaluation ne pourra en être faite qu’ensuite.
Étant donné que
nous estimons tous que les soins aux patients psychiatriques sont essentiels,
une concertation est prévue avec les Communautés et les Régions. Le
gouvernement fédéral n’a certainement pas voulu indiquer que les centres de
jour existants et qui sont financés par diverses sources ne font pas du bon
travail. Le travail doit être poursuivi et est indépendant de l’arrêt du projet
pilote Activation.
Le chiffre cité
par Mme De Schamphelaere dans sa cinquième question est erroné. Un contrat
à durée déterminée a été établi avec 19 participants et deux équivalents temps
plein sont financés par projet.
Le
19 octobre 2004, lors de la réunion de la plate-forme de concertation
« soins de santé mentale », le secteur a été informé que le projet
pilote ne serait pas prolongé. Mon administration a fait part de cette décision
aux participants. Les directeurs des initiatives d’habitation protégée qui
participaient au projet ont été engagés préalablement à respecter les délais de
préavis légaux étant donné qu’il s’agit de contrats à durée déterminée.
Enfin, il n’est
pas du tout dans mes intentions de transférer les soins de santé psychiatriques
aux Communautés ou aux Régions.
Mme Mia
De Schamphelaere (CD&V). – Je n’attendais pas d’autre réponse à ma dernière
question mais en fait le ministre démantèle la structure de soins psychiatriques
construite en Flandre. Il y a une différence de vision entre la Flandre et la
Wallonie. En Flandre l’approche comportementale est centrale. C’est pourquoi
les projets d’activation y ont plus de succès. En Flandre, dix-neuf projets ont
été lancés alors qu’en Wallonie il n’y en eut que trois. En Wallonie l’approche
psychanalytique prévaut et la préférence est donnée à la résidence intra
muros et à la médicalisation.
Cela ne me pose
aucun problème mais le ministre doit être conséquent. S’il maintient qu’il
s’agit d’une compétence fédérale, il doit donner aux deux Communautés la
possibilité de développer leurs options. Il ne peut transférer une approche qui
ne correspond pas à sa propre vision vers un autre niveau sans transférer en
même temps les moyens qui y sont associés. Le ministre prétend qu’il ne touche
pas aux centres de jour mais leur source de financement fédéral est bel et bien
asséchée.
La suite des
événements doit faire l’objet d’une concertation avec les Communautés.
L’approche en Flandre est en effet plutôt préventive.