
Monsieur Marc Justaert,
Président du Collège national intermutualiste
Chaussée Saint-Pierre 373,
1040 BRUXELLES
Bruxelles, le
16.08.2011
Monsieur,
Nos membres nous ont fait parvenir votre courrier
du 08.08.2011 adressé aux hôpitaux et portant sur les suppléments d'honoraires
pour des prestations de biologie clinique pour des patients hospitalisés. Ce
courrier va à l'encontre de plusieurs principes juridiques que nous tenons à
rappeler ci-après.
1. Nous
estimons que vous sortez du cadre de vos compétences concernant la collecte
d'informations dans le domaine susvisé. Tout au plus, vous auriez pu demander
aux hôpitaux de vous communiquer ces données sur "base volontaire".
En outre, à l'instar des autres médecins, les biologistes cliniques ont la
propriété légale de leurs honoraires. Nous ne pouvons que déconseiller avec la
plus grande fermeté aux hôpitaux et aux confrères de donner suite à votre
requête.
2. Le
fait que vous conseillez soudainement à vos membres de ne plus payer ces
suppléments et votre intention d'apporter votre soutien à vos membres pour
réclamer des remboursements dans le cadre de dossiers individuels déjà
enregistrés nous surprennent au plus haut point. La portée en compte de ces
honoraires a toujours été acceptée par le passé, et ce par toutes les mutuelles, malgré la
modification de la loi de 1987 à la base du litige (cf. notre lettre du 30.01.2008).
Citer un arrêt vide de sens, même s'il émane de la Cour suprême
de Belgique, fait une faible impression. Seule une jurisprudence constante peut
apporter une solution définitive à des situations imprécises. L'arrêt non
motivé susvisé n'est pas concluant et n'enlève rien aux droits que les médecins
ont en vertu de l'A.R. n° 78, de la loi coordonnée sur les hôpitaux et de la
loi coordonnée sur les soins de santé et indemnités.
3. L'ajout
en annexe de la lettre susvisée d'un arrêt de la Cour de cassation mentionnant
expressément l'identité d'une des parties est contraire à la loi sur la
protection de la vie privée du 8 décembre 1992. Nous ne pouvons qu'en conclure
que, de toute évidence, tous les moyens sont bons pour le CNI pour obtenir
l'interdiction des suppléments pour les prestations de biologie clinique pour
des patients hospitalisés, même si ces moyens vont à l'encontre de la loi.
Nous avons conseillé à nos membres réclamant
actuellement des suppléments pour des prestations de biologie clinique
effectuées pour des patients hospitalisés de ne rien changer à leur manière de
faire.
Nous passons outre à l'arrêt casuistique
discriminatoire et sans fondement de la Cour de cassation.
Nous apporterons notre soutien à nos membres
devant les tribunaux pour la préservation de leurs droits fondamentaux.
Dr Marc Moens,
Président de l'ABSyM,
Secrétaire général du GBS