10/10/2003
Question n° 10 de Mme Yolande
Avontroodt du 24 juillet 2003 (N.) au ministre des Affaires sociales et de la
Santé publique :
Accessibilité des directives
médicales – "Evidence based Medecine"
Au cours de la législature précédente, j’ai déposé une résolution visant
à développer divers projets concernant les
directives médicales. Bien que la résolution en question n’ait jamais été
adoptée, tout le monde s’accorde à reconnaître qu’à l’avenir, les pratiques
médicales devront de plus en plus s’inspirer de la «evidence based medecine». Dans notre pays, le Centre belge d’evidence-based
medecine (CEBAM) s’efforce de rendre ces directives plus accessibles par le
biais d’une bibliothèque médicale virtuelle qui doit permettre aux médecins
d’aisément retrouver des informations d’ordre médical et paramédical.
1. En quoi consiste la coopération entre les pouvoirs publics
(INAMI-Santé publique) et le CEBAM?
2. Cette coopération a-t-elle déjà produit des résultats ?
3. De quelle façon envisagez-vous la poursuite de la coopération dans
le cadre du centre de connaissance précité ?
Réponse du 3 octobre 2003 :
1. La collaboration entre le pouvoir public et le
CEBAM
Les pouvoirs publics, qui visent à promouvoir l’efficacité des soins de
santé, essaient de faciliter l’accès aux sources d’informations qualitatives et
objectives relatives à l’evidence based medecine (EBM) pour que les médecins et
les autres professionnels de la santé les consultent de manière systématique
et, le cas échéant, développent des directives pour la pratique clinique.
A fin de promouvoir l’EBM, le 24 octobre 2001, un contrat de
collaboration relatif à la recherche et au développement a été signé par les
ministres qui ont les Affaires sociales et la Santé publique dans leurs
compétences d’une part, et d’autre part par les universités de Louvain, de
Liège et de Gand, pour mettre en place un Centre belge d’evidence based
medecine appelé CEBAM. Le montant annuel du contrat est environ de 200 000
euros.
Les objectifs spécifiques du CEBAM, sont les suivants :
·
former les utilisateurs
à la recherche d’information;
·
réaliser des revues
systématiques en matière d’EBM;
·
valider les revues
systématiques et les directives;
·
la coordination des
contacts belges avec la «Cochrane Collaboration»;
·
le test et
l’installation d’une virtual medical library.
Ce dernier objectif,
auquel vous vous référez explicitement dans votre question, est réalisé avec le
soutien de l’INAMI.
Pour la phase d’essai
2002-2003, l’INAMI a libéré un montant de 25 000 euros supplémentaires pour
payer 1 000 licences pendant un an. Un
groupe de pilotage composé de fonctionnaires, de représentants des groupes
professionnels et des institutions d’assurance et de scientifiques a été mis
sur pied au sein de la commission de l’accréditation de l’INAMI pour superviser
ce projet.
2. Les résultats de la collaboration
Les médecins qui ont actuellement accès à cette bibliothèque ont été
sélectionnés en fonction de leur intérêt pour l’EBM et de leur rôle dans notre
système de soins de santé. Il s’agit en particulier de médecins formateurs dans
les GLEMS ou des médecins membres des collèges de médecins.
La deuxième phase du
projet couvrirait six mois; le coût est de 125 000 euros. Le financement est
inscrit dans le budget partiel de 2003 prévu pour le développement de campagnes
de feed-back orientées vers les médecins et visant à améliorer la qualité. Le groupe de pilotage souhaite prendre des
mesures appropriées pour soutenir les médecins participants de manière plus
active et pour promouvoir le projet EBM par tous les moyens possibles en vue
d’une utilisation active maximale.
Outre les licences,
l’argent sera utilisé pour :
·
augmenter la capacité
de l’accès au serveur web (pour éviter de longues durées d’attente en cas
d’utilisation croissante);
·
élaborer un service de
qualité pour les utilisateurs certifiés et payants, y compris le traitement
administratif rapide des enregistrements, le traitement de plaintes et le
support en cas de problèmes concernant la connexion Internet et des questions
de recherche (Help Desk);
·
élaborer un site
portail convivial;
·
élargir l’offre de la
bibliothèque vers les professions paramédicales;
·
élaborer des
propositions de projet pour des programmes de recherche afin de développer un
environnement convivial et multilingue pour la bibliothèque;
·
promouvoir
l’utilisation de la Bibliothèque virtuelle des soins de santé.
Tout ceci nécessite
d’élargir la plate-forme; des collaborations plus étroites avec les
bibliothèques universitaires et les directions des hôpitaux sont en
préparation.
La troisième phase
débutera en 2004. A ce moment là on vérifiera si la demande est suffisante pour
augmenter le nombre d’utilisateurs de la base et, si oui, on déterminera la
contribution individuelle, le support via certaines institutions et le rôle du
pouvoir public. En ce qui concerne les
activités plus spécifiques du CEBAM, des rapports annuels qui décrivent en
détail les formations, les conférences, les activités dans le cadre de
Cochrane, les publications et la validation des directives de pratique sont
disponibles. Je chargerai mon administration de vous transmettre une copie de
ces rapports.
3. Collaboration avec le Centre d’expertise La
mission du Centre d’expertise, selon la loi programme du 24 décembre 2002,
n’est pas l’implémentation de l’EBM en soi. Ses tâches sont plus larges et
axées sur le support décisionnel direct: analyses en matière d’économie de la
santé, health technology assessment, nouveaux systèmes de financement, la
promotion de l’accessibilité, l’évaluation des effets sociaux, etc. Sur le plan
international, le Centre d’expertise sera incorporé dans des structures comme
INAHTA et l’OMS etc.
Dans ce sens, les tâches du CEBAM et du Centre d’expertise sont
complémentaires. Le Centre d’expertise n’organisera par exemple pas de
formations (académiques) concernant des aptitudes evidence-based ou des reviews
systématiques car c’est clairement une tâche du CEBAM et des universités dans
le cadre de cycles comme la formation scientifique des médecins et de
formations en evidence-based health care. On peut toutefois s’attendre à ce que
des experts du Centre d’expertise soient ou seront formés dans des
méthodologies Evidence-based et dans l’utilisation de la Bibliothèque
Virtuelle, et qu’il y aura une collaboration entre le CEBAM et plusieurs
organisations dans le cadre du réseau d’expertise pour input scientifique et
pour validation externe. Dans cette optique, la Bibliothèque Virtuelle Médicale
pourrait constituer un instrument utile pour toutes les personnes concernées.
Finalement, je voudrais attirer votre attention sur le fait que le
Conseil National pour la Promotion de la Qualité de
l’INAMI et les collèges de médecins jouent un rôle important dans la détermination
des exigences qualitatives ou quantitatives de la pratique médicale et dans la
gestion du système d’évaluation des médecins et la prise d’initiatives pour le
développement permanent de la qualités par la détermination des sujets et la
proposition des recommandations.