Conseil des ministres du 15/5/2009
Communiqué de presse
|
Indemnisation des dommages en soins
de santé |
Une nouvelle loi sur les erreurs médicales et les risques
médicaux
L'hôpital est le lieu où l'on soigne, où l'on répare, ou l'on
guérit. Avec des professionnels, en Belgique, de toute grande qualité. Mais de
temps à autre, il y a des problèmes, des complications imprévues, des erreurs
médicales ou des infections contractées sur le lit même de l'hôpital.
Si la plupart du temps cela ne prête pas à difficulté, parfois les conséquences
sont lourdes pour le patient. Alors, c'est le chemin de croix qui commence :
pour être indemnisé, il faut prouver la faute. Expertises et contre-expertises
médicale, une procédure peut durer des années devant les tribunaux et le
patient se trouve doublement victime.
De leur côté, pour se prémunir des actions en responsabilité, les prestataires
de soins paient de lourdes primes d'assurance ou encore n'osent plus dans
certains cas poser un acte médical qui sort de l’ordinaire.
Une loi inapplicable existe en Belgique. Inapplicable et controversée. A
présent, des négociations ont eu lieu et un accord a pu être dégagé. Il
semble satisfaire les associations de patients, les professionnels de la santé
et les assurances.
Pour ce faire, la ministre de
Quelles en sont les particularités ?
1. Nous créons un nouveau droit pour le patient et son entourage : un droit à
l'indemnisation du risque médical (ou aléa thérapeutique), qu'il y ait faute ou
pas de la part du prestataire de soins. S'il y a faute ce seront les assurances
qui paieront. S'il n'y a pas de faute établie, c’est un Fonds qui interviendra.
2. On crée donc un fonds d'indemnisation, uniquement financé par l'Etat. On
estime en vitesse de croisière qu'il sera amené à intervenir à concurrence de
20 millions d'euros par an.
3. La réparation du Fonds est intégrale : pas de franchises et pas de plafonds.
Simplement, un seuil de gravité du dommage est fixé :
une
invalidité permanente partielle de 25 % au moins,
une
incapacité temporaire de travail de 6 mois consécutive, ou de 6 mois non
consécutifs sur une période d'un an,
des
troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans les
conditions d’existence de la victime,
le
décès du patient.
4. La procédure via le Fonds est :
gratuite
pour la victime qui y fait appel,
rapide
: la victime doit être indemnisée dans un délai d'un an,
simple
: pas de dossier lourd à préparer, le Fonds s'en charge,
amiable
: plus besoin de prouver la faute.
5. La victime garde toujours et à tout moment la possibilité de
préférer les tribunaux à l'intervention du fonds ou de contester l'offre du
Fonds devant les tribunaux.
6. Le paiement de l'indemnisation à la victime est rapide, que les
responsabilités soient ou non contestées. Si l'assureur conteste la
responsabilité du prestataire de soins, le Fonds indemnise alors lui-même la
victime - pour autant que le dommage présente un certain seuil de gravité - et
se retourne ensuite contre l'assureur. La victime est donc indemnisée
rapidement, la question de la responsabilité étant débattue en dehors de sa
présence.
7. Un autre point important : le fonds constitue une garantie pour la victime
contre le défaut d’assurance : il indemnise la victime d'une faute si le
prestataire de soins responsable n'est pas assuré.
8. Les infections nosocomiales sont mieux indemnisées : celles qui surviennent
suite à une prestation de soins pourront à l'avenir être indemnisées si elles
présentent un certain seuil de gravité.
La chirurgie purement esthétique, de convenance, est exclue du champ
d'application de la loi. les prestations de chirurgie
reconstructrice ou réparatrice qui peuvent être remboursées en vertu de la
règlementation sur l'assurance obligatoire soins de santé sont quant à elles
couvertes.
|
INAMI |
Mise à jour de la liste des pansements actifs dans le cadre
du maximum à facturer
Le Conseil des ministres a approuvé un projet d'arrêté royal (*)
qui met à jour la liste des pansements actifs pour lesquels les
interventions personnelles sont reprises dans le maximum à facturer. Cette
mesure est prise afin d'améliorer l'accessibilité aux soins pour les malades
chroniques, notamment les patients souffrant de plaies chroniques.
(*) modifiant la liste annexée à l'arrêté
royal du 3 juin 2007 portant exécution de l'article 37, § 16bis, alinéa 1er,
3°, et alinéa 4, de la loi relative à l'assurance obligatoire soins de santé et
indemnités, coordonnée le 14 juillet 1994, en ce qui concerne les pansements
actifs.