BELGISCHE VERENIGING VAN ARTSENSYNDICATEN
ASSOCIATION BELGE DES
SYNDICATS MEDICAUX
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29 Mai 2002
L'ABSyM prend connaissance d'une
note concernant l'indemnisation des dommages liés aux soins de santé.
Ce projet est introduit par le
Ministre Picqué. Il pose comme base l'indemnisation d'un dommage survenant à
l'occasion d'une prestation de soins. Le patient ne devra plus faire la preuve
de la faute ou d'une négligence
individuelle du prestataire en s'adressant à un tribunal. Le projet crée
une assurance par le biais d'une assurance privée, et d'un fonds de solidarité
pour payer le surplus de la couverture du dommage.
Le corps médical ne peut
admettre le montage financier projeté.
En effet, le financement de ce
système d'assurance est mis entièrement à charge des institutions de soins et
des praticiens professionnels. Le médecin devra donc, outre les primes
d'assurance qu'il paye déjà actuellement
dans le cadre de la responsabilité civile professionnelle pour faute,
contribuer par une cotisation complémentaire à l'alimentation de cette nouvelle
assurance et du fonds de solidarité.
Il faut souligner que le nouveau
système d'indemnisation sans faute ne se substitue en aucune façon à ce que
nous connaissons actuellement. La création d'un nouveau droit au bénéfice des
patients générera incontestablement des nouvelles dépenses. Celles-ci ont été
chiffrées à environ 4 milliards de BEF par an.
La concrétisation d'un tel
projet, si elle devait par malheur survenir, aura pour conséquence immédiate
que les médecins refuseront de prendre en charge les patients à risque, et
devront mettre tout en œuvre pour éviter de proposer à des patients non à
risque des thérapeutiques ou des interventions pouvant créer des dommages.
Un tel projet est ressenti par
l'ABSyM comme une déclaration de guerre à l'égard des médecins.
Dr Jacques de Toeuf
Président.
Concerne: les projets de loi Vandenbroucke au sujet de la
responsabilisation individuelle, et de la réforme du contrôle médical.
L'ABSyM constate avec effroi que le Ministre conçoit
un système qui s'écarte considérablement des suggestions qui avaient été émises
au sein de la Task Force Perl, fin 2001. Le Ministre conçoit un système digne
des républiques bananières, où la police, agent du pouvoir, définit elle-même
les règles à ne pas transgresser, et inflige à tout prestataire des sanctions
administratives sous forme d'amendes, qui atteignent un niveau tel qu'il ne
restera plus comme solution au médecin concerné que de liquider tous ses biens
ou de se suicider. Qu'on en juge:
1. Le Service du contrôle médical, et donc les inspecteurs avec compétence policière, définiront les critères de bonne pratique, pour ce qui concerne le volume des prestations et prescriptions;
2.
Les sanctions, cumulatives entre elles, sont les suivantes:
-
Amendes représentant de 1 à
20% de l'ensemble des recettes d'honoraires de l'année précédente en cas de
consommation considérée comme excessive. A quoi s'ajoute le remboursement des
prestations effectuées;
-
Amende de 1 à 50% de la valeur
des prestations concernées si le médecin n'établit pas les documents
administratifs et médicaux conformément aux lois et arrêtés innombrables et
extrêmement compliqués. Ceci concerne bien évidemment également les médicaments
prescrits, et en particulier ceux soumis à autorisation préalable, pour
lesquels le Ministre veut instaurer un contrôle à posteriori. S'y ajoute une
indemnité compensatoire allant de 20%, pour une première constatation, et à 50%
pour une récidive. Un médecin qui sera
pris en faute de prescription de médicament dans la catégorie susmentionnée du
chapitre IV devrait donc rembourser jusqu'à 100% du prix du médicament, si on
cumule les deux amendes. Et ce bien entendu pour tous les médicaments, délivrés
par le pharmacien.
-
Toujours pour la prescription
du médicament, le médecin peut être condamné à perdre des avantages financiers
liés à l'accréditation, c'est à dire au moins 1.500 Euro.
En outre, ces amendes doivent être payées dans le mois de réception de la notification, et la récupération de la créance est confiée à l'administration de la taxe sur la valeur ajoutée, de l'enregistrement et des domaines. Une récente loi a d'ailleurs inscrit l'INAMI en créancier privilégié dans la législation sur les hypothèques …
L'ABSyM
considère que cette réglementation en projet est une attaque frontale contre
les médecins tant généralistes que spécialistes. La concrétisation de ce projet
signerait, sans aucun doute, la fin de la concertation médico-sociale.
L'ABSyM
estime qu'il est urgent que les médecins manifestent leur opposition à ce
projet. A ce titre, elle s'engage à soutenir les actions qui pourraient être
décidées par le Forum des associations de médecins généralistes francophones,
qui ont été les initiateurs des récents Etats Généraux de la médecine générale.
Le cas échéant, l’ABSyM fera de même pour les consœurs et confrères flamands.
L'ABSYM
fait appel au Gouvernement pour que ce projet du Ministre Vandenbroucke ne soit
pas concrétisé dans une loi.
Dr Jacques de Toeuf
Président.