BELGISCHE VERENIGING VAN ARTSENSYNDICATEN

ASSOCIATION BELGE DES SYNDICATS MEDICAUX

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Grippe A (H1N1) : Communiqué de presse

Réponse à la stratégie de la Ministre Onkelinx

 

 

 

                La pandémie de grippe A (H1N1) constitue une menace incontestable pour la population belge même si dans l’ensemble la maladie ne s’est pas ou pas encore révélée particulièrement dangereuse.

 

                La Ministre Onkelinx a donc bien fait de prendre cette menace au sérieux et de mettre au point toutes les mesures nécessaires.

 

                Le corps médical, désireux d’assumer ses responsabilités, a offert sa collaboration notamment pour la vaccination.

 

                               Personne n’est à l’abri de cette nouvelle grippe.  Elle tue rarement mais ceux qu’elle a tué n’étaient pas tous identifiés comme personnes à risque.  Pourtant, les médecins sont invités à vacciner ces dernières.  Vacciner toute la population n’est pas dans les possibilités actuelles.

 

                Le vaccin n’est pas obligatoire non plus.  Son risque n’est sûrement pas très grand mais encore mal évalué.  L’absence d’obligation obéit sans doute à la logique résultant de cette situation mais a surtout comme effet que la Ministre se dégage de toute responsabilité.  En cas de complications, la responsabilité reposera sur les seules épaules du médecin vaccinateur.

 

                Le corps médical a l’habitude d’assumer ses responsabilités mais une solidarité de la part du ministre aurait été la bienvenue.

 

                L’adoption de fioles de dix doses à utiliser dans la journée complique singulièrement la tâche déjà très lourde des médecins.

 

                La Ministre prétend que les médecins se sont engagés à réaliser un enregistrement pour le suivi de la vaccination.  Rien n’est plus faux.  Si l’enregistrement peut être utile pour la santé publique, il est évident que la désignation nominative des personnes répertoriées comme présentant toute une série de risques doit avoir toutes les garanties de confidentialité et que la SMALS (programme électronique du gouvernement que la Ministre veut faire utiliser par les médecins) n’offre en aucune façon ces garanties.

 

                De l’aveu même de la Ministre, cet enregistrement a pour but le contrôle des médecins.  En tant que partenaire qui offre sa collaboration, le corps médical ne peut pas tolérer ce manque de confiance.

 

                La Ministre évoque enfin l’organisation par le médecin d’une vaccination à la chaîne gratuite pour le patient, le médecin recevant une indemnité dérisoire.

 

                Si les médecins peuvent offrir de travailler plus ou moins gratuitement, même si en l’occurrence rien ne le justifie sinon de faire la publicité de la Ministre, il est clair que cette stratégie est complètement inadéquate quand on sait qu’il s’agit de patients à risque et que le vaccin lui-même qui a dû être préparé en un temps record qui n’a pas permis de faire tous les tests nécessaires, n’est évidemment pas sans risque.  Cela veut dire qu’il faudra une surveillance de plusieurs minutes pour chaque patient vacciné.

 

                Le corps médical est disposé à montrer sa bonne volonté et son engagement face à un danger potentiel mais exige en échange d’être traité avec respect et considération.

 

 

Le 5 octobre 2009

 

Docteur Roland LEMYE                                                                  Docteur Michel VERMEYLEN

     Président ABSyM                                                                                    Président AMF