Communiqué de Presse

La grippe A H1N1 est-elle pour la ministre une occasion d’affaiblir le droit des citoyens ?

 

                On peut en tous cas se poser la question de savoir si les pouvoirs spéciaux sont bien nécessaires pour gérer la crise sanitaire potentielle de la grippe A H1N1. Mais une décision sans doute moins spectaculaire mais bien plus dangereuse pour les libertés individuelles, a été prise par la Ministre Onkelinx.    

 

                La Ministre veut apparemment engager les médecins plus avant dans son système eHealth.

 

                En effet, elle exige que les médecins communiquent le nom des patients vaccinés à la Smals par l’intermédiaire du système eHealth qui fonctionnerait alors comme une tierce partie de confiance

 

La Santé Publique pourrait alors consulter la Smals s’il apparaît une complication due à la vaccination de manière à identifier le lot de vaccin.

 

                Il ne s’agit pas d’une information anodine puisque la population vaccinée doit être une population à risque et qu’elle sera répertoriée comme telle sur un site du gouvernement qui servirait de base données pour des données sensibles et médicales.

 

                Par ailleurs, nous ne possédons toujours aucune garantie sur la protection qu’eHealth peut apporter aux données qui transitent à travers le système sans qu’on sache toujours bien qu’elles sont les sorties.

 

                L’accord médico-mutuelliste prévoit d’ailleurs qu’aucune obligation pour le médecin d’utiliser eHealth ne soit instaurée avant que les garanties ne soient bétonnées.

  Le gouvernement ne semble pas avancer sur les garanties mais bien sur les obligations. Or, si les données s’en vont sur eHealth, c’est comme si elles se trouvaient dans la nature sans que le médecin ni le patient n’aient une idée précise sur qui peut les consulter.

 

                Ce n’est pas pour rien que la Ligue des Droits de l’Homme nous a accompagnée dans notre recours contre eHealth.

 

                En l’occurrence, cet enregistrement n’est pas nécessaire. Le dossier médical du médecin doit être le lieu où les données et notamment le numéro de lot du vaccin doivent être conservées : en lieu sûr !

C’est bien ainsi que les choses se passaient lorsque la vaccination contre la variole était obligatoire et cela n’a jamais posé de problème.

 

Dr Roland LEMYE

Président

8 octobre 2009.

 

 

 

Communiqué de Presse

BUDGET

 

                Suite à la décision du Comité de l’Assurance de l’INAMI d’adopter la proposition des organismes assureurs pour le budget 2010, l'ABSyM tient à rappeler aux médecins engagés vis-à-vis de l’accord 2009-2010 qu’ils peuvent se désengager.

 

                Pour cela, ils doivent le faire avant le 1er novembre 2009 par lettre recommandée.  Cette dénonciation produit ses effets aux 1er janvier 2010 et n’entraîne pas de perte de statut social en 2009.  Si, miraculeusement, les choses s’arrangeaient d’ici la fin de l’année, si les médecins et mutuelles parvenaient à s’entendre, ils pourraient se réengager jusqu’au 31.12.2009 sans perdre leur statut social 2010.

 

                Le bureau de l’ABSyM s’est réuni mercredi 7 octobre au soir et envisage sérieusement de proposer à son conseil d’administration de dénoncer également l’accord 2010 collectivement. Cette dénonciation doit avoir lieu avant le 1er décembre 2009. Nous sommes, en effet, dans la situation où les moyens financiers octroyés pour l’année budgétaire qui suit ne sont manifestement pas suffisants pour garantir la bonne exécution de l’accord.

 

                En effet, malgré l’indexation, le budget 2010 sera inférieur aux estimations techniques des dépenses 2009 de 13,6 millions d’euros.

 

                La radiologie et la biologie clinique sont amputées de cent millions d’euros. Cette économie devra être pour les trois quarts faite par des restrictions au niveau de la prescription d’examens.  Les médecins prescripteurs devront également subir de nouvelles restrictions dans le domaine de la prescription de médicaments.

 

                Quelques spécialités e.a. la pédiatrie et la  psychiatrie, doivent être selon l’accord revalorisées. Elles le seront aux dépens d’autres spécialités. C’est ainsi que l’aide opératoire pourtant indispensable en chirurgie pourrait être supprimée mettant ainsi le patients en danger. Cette proposition a été faite sans la moindre concertation et les médecins l’ont découverte lundi matin avec la plus grande surprise.

 

                Les psychiatres revalorisés d’un côté seront mis également à contribution par la suppression de leurs tests électrophysiologiques.

 

                9,6 millions d’euros seront réservés pour des examens qui avaient déjà été budgétés dans l’accord 2008 d’une part (le scanner des coronaires et le scanner du côlon) et dans l’accord 2009-2010 mais avec exécution en 2009. Non seulement ces accords n’avaient pas été exécutés mais le document prévoit que leur exécution pour 2010 devra encore faire l’objet d’une discussion approfondie. Autant dire que c’est renvoyé aux calendes grecques.

 

Si la situation de crise actuelle justifie de faire un effort, il faut rappeler que les dépenses 2008 sont restées sous l’objectif budgétaire et que s’il y a quelques risques de dépassement en 2009, ces risques sont évalués sur les cinq premiers mois seulement. Les éventuels dépassements ne proviennent d’ailleurs pas d’une augmentation de volume mais de meilleurs remboursement (baisse de tickets modérateurs), De l’augmentation du nombre d’assurés bénéficiant de remboursements préférentiels et de l’accès des indépendants aux petits risques et ne sont donc pas imputables aux médecins.

 

                Il est clair que dans ce contexte de crise, il ne serait pas décent que les mutuelles bénéficient d’un bonus de 23 à 80 millions d’euros du fait des bons résultats 2008.

 

                Si un effort doit être fait, c’est à ce niveau qu’il faut porter le fer.

 

                De la même manière, la suppression complète des suppléments de chambre à plusieurs lits est un casus belli pour les médecins. Il s’agit d’une soupape pour le système d’engagement et d’une économie pour les finances de l’INAMI puisque la plupart du temps, ces suppléments sont payés par les assurances privées.

 

                Il est indécent que le gouvernement dépense à titre de compensation pour les hôpitaux 18,7 millions d’euros supplémentaires. Il s’agit de dogmatisme qui coûte cher. Pas à tout le monde cependant car les mutuelles jouent aussi le rôle d’assureur privé pour couvrir les frais d’hospitalisation supplémentaire. Elles feront donc là un nouveau bénéfice.

 

                Dans ces conditions de budget difficiles, le risque de dépassement sera nécessairement plus grand.  Le système de récupération et de correction risque fort de se voir activer. Comment dépister et traiter les diabétiques et les patients en insuffisance rénale sans biologie clinique dans les trajets de soins ? Que se passera-t-il si la grippe A H1N1 se met à faire des dégâts ? Un budget est prévu pour les vaccins et les anti-viraux mais les patients nécessiteront d’autres soins, des hospitalisations qui, forcément, feront gonfler les dépenses.  Va-t-on donc les mettre à charge des médecins ?

 

Dr Roland LEMYE

Président

8 /10/2009