BELGISCHE VERENIGING VAN ARTSENSYNDICATEN

ASSOCIATION BELGE DES SYNDICATS MEDICAUX

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Faut-il ou ne faut-il pas limiter l’accès aux études de médecine ?

 

 

Il faut rappeler que le Numerus Clausus est une compétence fédérale.  Une commission de planification tente de projeter les besoins en médecins dans l’avenir en étudiant tous les paramètres susceptibles de les influencer : besoins médicaux, féminisation de la profession, temps de travail, délégation des tâches vers d’autres professions, départ à la retraite, pyramide des âges, taux d’activité, immigration et émigration, etc…

Supprimer le Numerus Clausus reviendrait à se priver de ces outils de réflexion et de prévision – gouverner, c’est prévoir.

 

Il faut rappeler aussi que cette commission a accepté presque un doublement des quota de 700 à 1.230 par an.   

 

Le Numerus Clausus  porte sur l’accès à la formation spécialisée ou en médecine générale et ces formations sont la seule voie qui permette d’exercer la pratique médicale dans le cadre de la sécurité sociale.  C’est pour éviter qu’un flot de diplômés se voient refuser l’accès à cette pratique que les communautés ont pris des mesures en amont.

 

La Communauté flamande a choisi un examen d’entrée et s’y est tenue avec un résultat probant.  Du côté de la Communauté française, il en a été tout autrement.  Dans un premier temps, la communauté a opté pour une sélection absurde au bout de la troisième année.

 

On peut comprendre le mécontentement profond des étudiants mis sous pression mais le but des universités n’était-il pas justement celui-là pour les pousser dans la rue, ameuter l’opinion contre le Numerus Clausus et faire sauter le verrou fédéral.

 

Toujours est-il que Mme Dupuis, Ministre à l’époque de la Communauté française, a supprimé la sélection.  Il en est résulté un millier d’étudiants excédentaires de nouveau dans la rue pour obtenir leur ticket d’accès à la sécurité sociale.  Avec l’accord de toutes les parties, ils ont été absorbés dans les quota mais une sélection a été réintroduite par Mme Simonet après la première année cette fois.  Il en est résulté une nouvelle comédie universitaire, baptisée « Reçus-Collés » et une nouvelle descente des étudiants dans la rue avec une nouvelle suppression de toute sélection par la même Mme Simonet.

 

Pourtant, aucune profession ne donne une garantie d’accès.  Pourquoi en serait-il autrement en médecine alors que dans la pratique médicale, tout est programmé : le nombre de lits hôpitaux, les équipements lourds, les services de pointe, …

 

Alors, faut-il ou non une sélection d’accès aux études de médecine pour s’adapter au Numerus Clausus, d’accès à la profession qui intervient juste après le diplôme ?

 

 

Les étudiants défendent l’idée de la liberté d’entreprendre les études de leur choix même si ces études ne leur garantissent pas d’exercer le métier qu’ils ont choisi.  Mais, lorsqu’ils arrivent au bout ces études, ils manifestent pour obtenir leur entrée dans la profession et on le leur accorde parce qu’il est inacceptable de faire sept années d’études pour se voir barrer la route par après.

 

Certaines voix s’élèvent pour dire qu’il y a d’autres options que la pratique médicale.  C’est vrai mais jusqu’à présent, elles restent limitées même si elles vont en augmentant, elles ne dépassent pas 20% des diplômés dont il est d’ailleurs tenu compte dans la planification.  Il est clair cependant que la plupart des étudiants font ces études pour pouvoir pratiquer un jour ce métier.

 

L’émigration est bien sûr une possibilité mais il faut savoir que déjà plusieurs milliers de médecins formés en Belgique ont choisi l’émigration.  Rien qu’en France, il y en a près de 2.000 sans doute parce qu’ils ne trouvaient pas de poste en Belgique ou parce que la profession dans notre pays manque d’attractivité.

 

Lâcher les vannes n’est donc pas une solution. On peut comprendre le désarroi des étudiants, leur opposition à toute programmation mais c’est une option irréaliste et l’attitude actuelle de la FEF qui refuse tout compromis, et même toute discussion, est indigne d’intellectuels et créera des drames d’ici six  à sept ans.

 

 

 

 

 

Dr Roland LEMYE

4 février 2010