BELGISCHE VERENIGING VAN ARTSENSYNDICATEN
ASSOCIATION BELGE DES SYNDICATS MEDICAUX
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Avant-projet
de loi relatif à l’indemnisation des accidents thérapeutiques
COMMUNIQUE
La question est discutée avec les gouvernements
successifs depuis 18 ans. Une loi votée
lors de la précédente législative a été jetée aux orties sans avoir jamais été
appliquée.
Cet avant-projet de loi est censé la remplacer et
en change profondément la philosophie.
Il ne résout pas les problèmes des médecins, met tout à leur charge sans
pour autant avantager le patient.
Il s’agit d’un projet politique particulièrement
anti-médecine.
Quel était le problème pour les patients : les
dommages médicaux ne résultant pas d’une faute médicale n’étaient pas
indemnisés. Pour pouvoir le faire, il
fallait apporter un budget supplémentaire important et diminuer les frais de
procédures qui ne profitent pas aux victimes mais bien aux avocats.
Le système proposé ne diminue en rien les
procédures. Au contraire, le pouvoir
confié au Fonds de décider de la faute médicale et son droit de subrogation, la
possibilité pour le patient de changer de voie à tout moment, le fait que le
patient soit poussé vers la voie civile dont les frais sont à charge du
prestataire, laissent à penser que des procédures vont aller bon train.
Le Fonds n’indemnisera que les dommages graves (25%
d’ITT, au moins 6 mois d’invalidité) mais tous ceux qui seront refusés pourront
choisir la voie civile.
La composition même du Conseil d’Administration du
Fonds est inquiétante. Le pouvoir y est
confié aux représentants du gouvernement, des syndicats de travailleurs, du
patronat et des mutuelles. C’est un
pouvoir politique dont toutes les parties ont intérêt à ce que les indemnités
soient payées par les assurances plutôt que par le Fonds.
Les médecins n’y sont pas officiellement
représentés ; on peut supposer que
l’un ou l’autre sera désigné parmi les 5 membres représentant les praticiens
professionnels mais la formulation évite de le dire expressément. Ils n’y auront de toute façon qu’une voix
consultative.
Les médecins souhaitent vivement que les patients
soient indemnisés de tout dommage médical mais ce n’est pas à eux de financer
l’indemnisation là où il n’y a pas de faute du médecin. C’est un peu comme si on demandait aux
pompiers lorsqu’ils éteignent des incendies de financer les dégâts des eaux
qu’ils provoquent.
Cet avant-projet, non seulement, ne répond à aucune
des préoccupations légitimes des médecins mais met tout à leur charge. Le système est à charge du budget des soins
de santé, rien ne garantit que les dérapages budgétaires prévisibles ne seront
pas répercutés sur les primes d’assurance des médecins. Outre les intérêts du Fonds de déclarer qu’il
s’agit d’un accident fautif, le Fonds a un droit de subrogation. Le patient est poussé à entreprendre un
recours à l’encontre du médecin et ce recours ne lui coûte rien puisqu’il tente
sa chance comme à la loterie puisque le billet est gratuit.
Le problème des médecins étaient l’explosion des
primes, la multiplication des procès, l’assurabilité du fait que les assurances
résiliaient les contrats au moindre sinistre, la postériorité énorme (25 à 30
ans). Aucun de ces problèmes n’est
résolu ni pris en considération. Ils
sont au contraire amplifiés. Le mépris
du corps médical est à son comble.
L’intérêt des patients n’est pas pris en compte.
Cet avant-projet répond avant tout aux
préoccupations des assurances, des mutuelles, du monde patronal et
syndical. Le gouvernement doit savoir
que c’est pour nous un casus belli.
Dr Roland Lemye
26/03/09