BELGISCHE VERENIGING VAN ARTSENSYNDICATEN

ASSOCIATION BELGE DES SYNDICATS MEDICAUX

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NUMERUS CLAUSUS

 

 

                  Du jour au lendemain où les médecins diplômés, ayant accès à une formation spécialisée ou une formation en médecine générale, ont été contingentés (pour la première fois en 2004), le nombre d’assistants disponibles a diminué de moitié.  Cela n’a pas été sans poser de problèmes aux hôpitaux organisés pour utiliser ces assistants qui, en général, constituent une main-d’œuvre médicale bon marché et taillable et corvéable à merci.

 

A défaut d’assistants, ces hôpitaux de stage ont fait appel à des médecins étrangers en provenance des nouveaux pays européens plutôt qu’aux médecins en surnombre en Belgique.  La libre circulation des médecins en Europe a facilité la chose.

 

Cette libre circulation, défendue par la profession médicale, existe depuis 1975.  Les migrations spontanées, cependant, ont toujours été limitées.  Elles deviennent massives parce qu’elles sont sollicitées par un appel d’offre comme c’est le cas actuellement.  Ces migrations ne sont en rien la preuve de pénurie mais proviennent de la situation décrite.

 

Cet appel à la main-d’œuvre médicale étrangère est doublement immoral parce qu’elle prive les pays plus pauvres d’où elle provient de leurs médecins pourtant nécessaires et que ces médecins y sont formés aux frais de leur pays d’origine plus pauvre que le nôtre.

 

Ils sont en outre utilisés pour démontrer une pénurie qui n’existe pas, en tout cas, pas aujourd’hui.

 

La FEF se sert de cet argument pour demander de supprimer le Numerus Clausus.  Or,  en décidant du nombre de médecins ayant accès à la sécurité sociale à partir de 2015 jusqu’en 2018, la Commission de Planification a adopté des chiffres comparables à ceux qui prévalaient avant le Numerus Clausus.  Que faut-il donc supprimer ?  La planification ?  Celle-ci tient lieu d’observatoire et paraît donc être un outil indispensable pour envisager l’avenir.

 

Nous tenons cependant à rappeler que nous sommes bien conscients qu’une génération d’étudiants a souffert d’une planification mal organisée sur la base d’un double filtre en amont et en aval de leurs études.

 

Nous plaidons pour un filtre unique en amont, c’est à dire à l’entrée des études.

 

La planification doit cependant être poursuivie mais elle doit consister soit en limitation du nombre de candidats soit en incitants pour en avoir plus en fonction des circonstances. Il est indispensable que notre pays, comme tous les pays riches, soit autosuffisant en matière de formation médicale et ne continue pas à satisfaire ses besoins en pillant les ressources de main-d’œuvre médicale des pays plus pauvres.

 

Dr Roland LEMYE

17 avril 2008