"le Journal du
Médecin" – 14/3/2003
CNPQ: de
fortes attentes
Le Conseil
national pour la promotion de la qualité (CNPQ) a installé ses pénates en
décembre dernier sous l'égide de Frank Vandenbroucke. Il remplace les
commissions de profil et les chambres restreintes dans le droit fil de la
réforme du contrôle médical. Les attentes sont à la hauteur de l'ambition
affichée, comme le constate son président Rudi Van Driessche (Absym).
Le conseil,
assez pléthorique, compte pas moins de 44 effectifs et 44 suppléants. Les
syndicats médicaux s'arrogeant 12 sièges (6 spécialistes et 6 généralistes,
lire la composition ci-dessous) dont le président et les mutuelles 12
également. Les universités et les sociétés scientifiques envoient 14
représentants. Les Affaires sociales et la Santé publique s'en attribuent 6.
Le
président-syndicaliste est entouré de trois vice-présidents des trois autres
bancs. C'est au radiologue Rudi Van Driessche qu'a échu la lourde
responsabilité du leadership. Il est entouré des Drs Geneviève Bruwier (pour la
SSMG et non l'Absym), Raf Mertens (Mutualités chrétiennes) et Jean-Paul Dercq
(Santé publique). En marge de l'ensemble, un groupe de travail pour la médecine
générale a été créé et placé sous la présidence de Luc Seuntjes (WVVH, VHP soit
respectivement la société scientifique de médecine générale flamande et le
Parlement des MG flamands).
Ensemble,
il forme le "bureau" qui prépare les séances plénières.
Accréditation
De prime
abord c'est"la somme de tâches quasi sans fond du CNPQ" qui
frappe l'imagination du président Van Driessche. Une première mission concerne
l'information et la formation du corps médical. "Au cours de la
première réunion", raconte le radiologue malinois, "le travail
de la Plateforme pour la promotion de la qualité a été mis en place".
Cette plateforme a été un temps, dans l'attente de la mise en place effective
du CNPQ, préoccupée par le feedback des rapports sur les antibiotiques et
l'hypertension. "La campagne suivante s'est portée sur le comportement
en matière de biologie clinique et de radiologie et pas seulement en matière de
médicaments."
Comme on le
sait, le CNPQ reprend, entre autres, les prérogatives de la commission du peer
review. Celle-ci s'employait à décanter les rapports annuels des comités
paritaires, un par spécialité et un pour la médecine générale. A ceci s'ajoute
une mission d'éducation, notamment l'organisation de campagnes pour la
promotion de la qualité et la mise en place de feed-backs pour les Glems. Dans
le cadre de l'accréditation, rappelons-le, les responsables de Glems sont
impliqués dans la problématique du niveau des profils de prescription de leur
Glems. Chaque participant reçoit également son profil. Les déviances peuvent
être discutées, anonymement. En outre, une instance très active dans ce
contexte est la cellule Qualité qui fonctionne d'ailleurs depuis quelque temps.
Le CNPQ a
d'ailleurs pour tâche de superviser l'accréditation, en concertation avec le
Groupe de direction de l'accréditation. Une sorte d'échange permanent devrait
s'opérer entre les deux. Le conseil national prend connaissance de l'activité
du groupe de direction et lui fait part en retour de ses décisions. En outre,
le CNPQ a pour prérogative la supervision de l'utilisation du DMG et les
accords de collaboration entre médecins.
Critères de prescription
Il y a eu
suffisamment de polémiques à ce sujet pour rappeler une mission essentielle du
CNPQ, soit la mise en place d'indicateurs pour une bonne pratique médicale. Le
conseil a pour fonction de signaler les "déviances manifestes" en
matière de prescription. "L'approbation-désapprobation des ces
indicateurs s'inscrivent dans la réforme du Service d'évaluation et de contrôle
de l'Inami. On pourrait nommer cela le pan répressif du CNPQ." En
principe, l'indicateur est monitoré pendant un an s'il n'a pas reçu
l'imprimatur de trois des quatre bancs. Après cette phase-test, il est remis au
vote. "A ce moment, seuls les bancs professionnels et scientifiques
peuvent voter. Si les trois quarts des membres s'y opposent, le CNPQ ne pourra
pas les utiliser comme paramètre de comportement 'manifestement' déviant."
Comme on le
voit, il y a du pain sur la planche. Le président Van Driessche insiste sur le
fait que les membres du conseil sont peu armés pour gérer les tâches à venir.
"Nous sommes des amateurs par rapport aux professionnels que sont les
mutualités, le gouvernement et l'Inami." D'autant que les groupes
professionnels, idéalement, présentent le plus d'indicateurs possible."En
pratique, cependant, la plupart de ces critères émaneront de l'Inami. Je suis
peut-être trop pessimiste mais je crains que les médecins, une fois de plus, ne
courent après les faits. Concrètement, le risque existe que nous émettions en
permanence un avis négatif. "
Autre ennui
: le CNPQ aura à gérer une importante quantité de prestations, fruit du système
belge de soins de santé. "Cette quantité est beaucoup plus importante
qu'à l'étranger. Pour une dépense de santé proche de la moyenne européenne en
termes de produit national, la Belgique enregistre 20 à 30% de prestations en
plus. Ceci obère l'aspect qualitatif. Si nous parvenions à réduire le nombre de
prestations, nous pourrions dégager plus d'argent pour construire des soins de
santé plus qualitatifs."
Geert Verrijken
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Composition
du CNPQ Sur le banc syndicaliste généraliste du CNPQ, on
retrouve les Drs Bauval, Istas, Lemye, Putzeys, Vandermeeren, Van Wassenhove
(membre effectifs) et les Drs Gillet, Roels, Leclercq, Leunckens, Vandewiele
et Vollemaere (suppléants). Les médecins spécialistes seront représentés par
les Drs Legein, Léonard, Masson, Rutsaert, Van Driessche, Van Hecke
(effectifs) et Panopulos, Baeyens, Dhaenens, Himpe, Poriau, Putzeys
(suppléants).
N.d.P. |
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