CHAMBRE DES REPRESENTANTS

Commission « SANTE PUBLIQUE » – 11/1/2005

 

 

03 Question de M. Luc Goutry au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « l’information périodique du Parlement sur l’évolution des dépenses dans le secteur des soins de santé » (n° 4636)

 

03.01              Luc Goutry (CD&V): Dans le passé, il est apparu nécessaire de disposer des chiffres des dépenses dans le secteur de l’assurance-maladie.  Le ministre est-il disposé à informer périodiquement le Parlement de l’évolution des dépenses dans le secteur des soins de santé?

03.02              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais):

Une bonne observation des données revêt en effet une importance capitale. Dans la note de politique du 26 novembre 2004, il était demandé que l’administrateur général de l’INAMI arrête une nouvelle procédure pour prévoir les risques de dépassement des objectifs budgétaires. Les nouveaux critères de risque doivent être plus sévères qu’aujourd’hui. Dans ce cadre, les institutions doivent communiquer systématiquement les données à l’institut.

Je ne vois pas d’objection à ce que les conclusions de ce rapport, de même que l’évaluation trimestrielle menée par la Commission de contrôle budgétaire, soient transmises à la commission.

03.03              Luc Goutry (CD&V): Cela va sans nul doute nous aider et nous allons rester attentifs à ce point.

 

L’incident est clos.

 

04 Question de M. Luc Goutry au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « la proposition de Pharma.be d’organiser une conférence sur les médicaments » (n° 4637)

 

04.01              Luc Goutry (CD&V): Récemment, Pharma.be a demandé au premier ministre et au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique de prendre l’initiative de convoquer une conférence sur les médicaments.  L’industrie garantit au gouvernement une couverture financière jusqu’au 1er mai 2005, date à laquelle devraient être connus les résultats de cette conférence.

Le ministre ou le gouvernement envisagent-ils de prendre une initiative de ce type ?

04.02              Rudy Demotte , ministre (en néerlandais) : Je juge inacceptable la proposition de Pharma.be de geler les décisions du gouvernement. Je ne peux pas me permettre de négocier pendant plusieurs mois. Aussi, je créerai à brève échéance la base légale nécessaire pour les mesures convenues.

En revanche, je reconnais qu’une concertation directe avec le secteur pharmaceutique est nécessaire afin d’examiner l’ensemble des mesures et de parvenir à un équilibre acceptable.

04.03              Luc Goutry (CD&V): J’en conclus que le ministre considère qu’une conférence est à la fois superflue et obsolète.

 

L’incident est clos.

 

05 Interpellation de M. Luc Goutry au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « le rapport concernant la ventilation précise des dépenses en matière de soins de santé dans notre pays » (n° 493)

 

05.01              Luc Goutry (CD&V): La discussion au sujet des différences entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles en matière de consommation de soins de santé est en cours depuis de nombreuses années déjà.

Le groupe de travail Jadot a été mis sur pied pour apporter des éclaircissements dans ce domaine. Il y a quelques années, la publication du rapport Jadot a été interrompue car le ministre de l’époque, M. Vandenbroucke, avait annoncé un projet de responsabilisation qui devait permettre de connaître les dépenses par dispensateur individuel et par établissement et de mettre en lumière des différences inexplicables.

A ce jour, aucun progrès n’a été réalisé dans ce domaine. Le Parlement ne dispose pas de données transparentes, alors que celles-ci sont nécessaires pour éviter les mesures d’économie linéaires.  Le ministre est-il disposé à créer, à très court terme, une cellule spéciale qui mènerait une étude comparative sur les différences de consommation médicale entre tous les prestataires de soins de santé belges ?

Le ministre pourrait-il s’engager à commenter chaque année les résultats de cette étude au Parlement ?

05.02              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais):

Je compte soumettre sous peu au Parlement un inventaire des mesures prises et à prendre.  J’entends plus particulièrement créer une cellule spécifique chargée d’orienter les actions de lutte contre les différences de consommation médicale, dans le but de trouver une explication aux écarts objectifs et de lutter contre ceux qui ne le sont pas.

05.03              Luc Goutry (CD&V): Nous soutiendrons le ministre dans cette démarche. Dans son communiqué de presse, le ministre insiste surtout sur la responsabilisation des établissements. Or, nous devons aller plus loin et combattre également la surconsommation médicale dans les soins ambulatoires et auprès des prestataires de soins individuels.

05.04              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais):

Cela fait également partie des missions de la cellule.

05.05              Luc Goutry (CD&V): Le Parlement sera-t-il informé annuellement de l’état d’avancement de ce dossier ?

05.06              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais):

Des informations seront fournies régulièrement, mais je ne suis pas encore en mesure de dire si cela se fera annuellement. Cela dépend évidemment des choix budgétaires que nous opérons.

05.07              Luc Goutry (CD&V): Comme «moyen de pression», je dépose une motion dans laquelle je demande au gouvernement d’instaurer un organe spécial et de faire régulièrement rapport au Parlement.

 

Motions

En conclusion de cette discussion les motions suivantes ont été déposées.

Une motion de recommandation a été déposée par M. Luc Goutry et est libellée comme suit:

“La Chambre, ayant entendu l’interpellation de M. Luc Goutry et la réponse du ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, considérant qu’une grande confusion règne en ce qui concerne l’importance et la justification des différences entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles en matière de consommation des soins de santé, demande au gouvernement

·            de créer un organe spécifique chargé de réaliser annuellement une étude comparative des différences de consommation médicale entre tous les prestataires de soins au niveau individuel comme au niveau des établissements;

·            de présenter un rapport annuel en la matière au Parlement.“

 

Une motion pure et simple a été déposée par Mme Colette Burgeon et par M Daniel Bacquelaine.  Le vote sur les motions aura lieu ultérieurement.

 

La discussion est close.

 

07 Questions jointes de

·            Mme Annemie Turtelboom au ministre des

Affaires sociales et de la Santé publique sur « le sort des soins psychiatriques à domicile » (n° 4721)

·            Mme Nahima Lanjri au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « les critères d’agrément et de sélection des projets pilotes relatifs aux soins psychiatriques à domicile » (n° 4803)

 

07.01              Annemie Turtelboom (VLD): Le ministre a décidé de prolonger le financement des projets pilotes de soins psychiatriques à domicile qui prenait normalement fin en novembre 2004.  Aujourd’hui encore, le flou règne dans le secteur.  Le 20 octobre, le ministre a annoncé que tous les projets se poursuivraient et même, que d’autres s’y ajouteraient. Seul un projet serait arrêté en raison d’une mauvaise évaluation. Des moyens supplémentaires seraient également débloqués.  L’administration est-elle déjà au courant de la décision du ministre ? Combien de nouveaux projets vont-ils voir le jour ? Quel est le projet qui va disparaître ? Quels moyens le ministre va-t-il débloquer ?

07.02              Nahima Lanjri (CD&V): Le 17 novembre, j’avais déjà interrogé le ministre concernant les critères qui seraient appliqués pour la reconnaissance de projets supplémentaires dans le domaine des soins psychiatriques à domicile, ce à quoi il a répondu que l’élaboration des critères était encore en cours.

Celle-ci est-elle maintenant achevée? Dans l’affirmative, quels critères ont-ils été définis?  Quelles sont les conditions formelles auxquelles les candidatures doivent satisfaire ? De quelle manière et quand ces critères seront-ils rendus publics? A combien de projets complémentaires peut-on s’attendre ? Quand les nouveaux projets pourrontils débuter ?

07.03              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais): Nous avons pris la décision de prolonger les projets existants et d’en lancer de nouveaux en concertation avec l’administration. Nous informons les responsables de tous les projets. Nous prolongeons les contrats existants et n’en abandonnons aucun. En outre, nous en intégrons douze nouveaux. L’objectif que nous cherchons à atteindre est d’étoffer l’offre de soins en attendant l’intégration des projets relatifs aux soins psychiatriques à domicile dans les circuits et réseaux de soins. Nous n’avons pas encore fixé les critères pour l’agrément mais nous nous y emploierons dans les prochaines semaines.

07.04              Annemie Turtelboom (VLD): Je me réjouis de ce que vous n’abandonniez aucun projet.  J’espère que vous fixerez rapidement les critères.  Que vous disposiez d’une marge de manœuvre pour douze nouveaux projets est une bonne chose.  Avez-vous dégagé des budgets supplémentaires aux fins du financement des frais de personnel ?

07.05              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais) : Je ferai parvenir une réponse écrite à ce sujet à Mme Turtelboom.

07.06              Annemie Turtelboom (VLD): J’espère que vous ferez publier les critères aussi vite que possible de façon à pouvoir démarrer les projets.

07.07              Nahima Lanjri (CD&V): Après des mois d’attente, je n’ai toujours pas obtenu de réponse à ma question essentielle, à savoir: quels critères utilisera-t-on ?

07.08              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais):

Je ne puis fournir ici de réponse précise parce que je ne dispose pas de données spécifiques. Je ne connais pas les critères. Je suis un ministre, non un technicien.

 

L’incident est clos.

 

08 Question de M. Jo Vandeurzen au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « la refonte du système des montants de référence en un système de forfaits » (n° 4713)

 

08.01              Jo Vandeurzen (CD&V): Ma question est quelque peu dépassée en raison de la loi relative à la santé.

Le ministre a annoncé l’instauration d’un système forfaitaire en remplacement du système des montants de référence. Par conséquent, dans les hôpitaux, à un traitement équivalent correspondrait une même indemnisation. Plusieurs acteurs contribuent à ce traitement. Que veut dire ministre sur le plan technique lorsqu’il parle d’un montant par traitement ? S’agit-il d‘un montant total pour les divers acteurs et comment la répartition est-elle organisée? Que se passe-t-il en cas de soins ambulatoires? Sur la base de quel concept va-t-on procéder ? Qu’en sera-t-il de la responsabilité civile si les prestations techniques sont plus nombreuses que ce que permet le montant forfaitaire?

08.02              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais):

Le dossier est encore dans la phase politique.  Nous ne disposons pas encore des moyens techniques pour appliquer les forfaits. Des études réalisées par plusieurs universités belges traitent de différents aspects de la question, mais il n’existe pas d’approche globale à ce jour. Nous pouvons nous inspirer de différents modèles. Le modèle américain est trop différent du nôtre pour pouvoir être appliqué ici. Le modèle australien est plus proche du nôtre. L’Allemagne a une certaine expérience. L’Irlande me semble disposer du meilleur modèle.

Le financement du volet hospitalier est de facto forfaitaire. Le forfait all in comprend les sommes versées par le biais de l’assurance-maladie obligatoire.

J’ai demandé à la structure de concertation un avis sur les modalités d’exécution. Je ne veux pas préjuger de cet avis. Je suis prêt à discuter en détail du dossier en commission une fois qu’il sera en ma possession. Les coûts doivent être maîtrisés et la qualité garantie. Le défi est de taille. Lorsque l’avis de la structure de concertation nous sera parvenu, nous devrons disposer de réponses et d’exemples très précis.

08.03              Jo Vandeurzen (CD&V): Il doit tout de même y avoir une date précise pour l’entrée en vigueur de la mesure.

08.04              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais):

Je ne me prononce pas à cet égard. Nous commençons par le plus simple, à savoir la majoration des montants de référence. Je souhaiterais qu’un certain nombre de forfaits soient d’application en 2006, mais il faut voir à quelle vitesse les études se dérouleront.

08.05              Jo Vandeurzen (CD&V): Cette mesure a été présentée comme l’oeuf de Colomb. Or, il s’agit d’une affaire complexe. Je crains que ce débat soit complexe. Aujourd’hui, nous n’avons qu’un slogan du ministre. Il eut été préférable de d’abord faire en sorte que le dossier électronique des patients voie le jour. Ce problème est nettement plus complexe qu’il n’y paraît à première vue.

Le président: Nous pourrions aller en Irlande pour nous rendre compte de la situation et implémenter ici un système kiwi.

08.06              Rudy Demotte, ministre (en français): Il n’est pas idiot de profiter de la mission en Irlande, que nous avons du reporter, sur les dispositions anti-fumeurs, pour la coupler au débat sur les systèmes de forfaits qui existent là-bas. Tout modèle étranger est intéressant à étudier.

 

L’incident est clos.

 

09 Question de M. Daniel Bacquelaine au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « la création d’un Conseil permanent de la Santé » (n° 4743)

 

09.01              Daniel Bacquelaine (MR): On a souvent plaidé pour plus de cohérence entre les médecines préventive et curative. Je soutiens d’ailleurs une refédéralisation de la médecine préventive, car la limite entre les deux est artificielle et illusoire. La proposition de création d’un Conseil permanent de la santé m’a donc intéressé.

Or, il existe déjà une Conférence interministérielle de la santé. En quoi se distingue-t-elle d’un Conseil permanent de la Santé ? A quelle fréquence se réunit-elle et quand s’est-elle tenue pour la dernière fois ? Quels thèmes sont abordés lors de ses réunions, et avec quelle prospective ?  Cette conférence devrait peut-être aussi se lier davantage au terrain, en menant des opérations de concertation avec les acteurs pour trouver des solutions intéressantes, en matière de tabagisme, d’obésité ou d’autres sujets de médecine aussi bien curative que préventive. Quelle structure efficace envisagez-vous pour la cohérence des soins de santé ?

09.02              Rudy Demotte, ministre (en français): Je partage votre point de vue sur la cohérence ; c’est dans ce but que la conférence interministérielle a d’ailleurs été constituée.

Une petite remarque sur la répartition des compétences. Si la compétence de prévention primaire relève des Communautés, la prévention secondaire, liée à la prestation médicale, ressortit toujours à la compétence fédérale.  La Conférence interministérielle de la santé permet aux différents niveaux de pouvoir tenir un dialogue et d’aboutir à des formes d’action commune.  Certains éléments limitent son efficience, comme son caractère ponctuel, sa fermeture aux acteurs de terrain et à l’implication d’autres ministres ayant des compétences en matières de santé. Cet organe officiel doit pouvoir fonctionner. Il permet à tous les ministres de notre État fédéral d’échanger leurs expériences et de dégager des points communs.  En ce qui concerne la spécificité des synergies développée en Communauté française, l’échange d’informations et la concertation doivent être mieux structurés et surtout pérennisés. Il est aussi essentiel que les décisions politiques thématiques associent plus intensément les acteurs de la santé et permettent un meilleur échange. La Flandre a intégré sa structure de manière plus cohérente vu sa logique institutionnelle unitaire.  Dans le cadre des synergies développées entre Régions et Communautés, il y a lieu de renforcer les échanges.

Il n’est pas moins indispensable de disposer d’un organe permanent qui serait l’adjuvant de ce qui existe pour le moment, sans occulter pour autant les missions liées à la Conférence interministérielle de la Santé.

 

Présidence: M. Luc Goutry.

 

En réponse à vos deuxième et troisième questions, je précise que cette conférence interministérielle se réunit deux fois par an, en fin d’année et en juin. La dernière a eu lieu le 6 décembre 2004.  Pour répondre à votre dernière question, le 6 décembre, nous avons abordé les matières suivantes : les vaccinations, les maladies infectieuses, le plan national Nutrition-Santé, la plate-forme des toxi-infections alimentaires, le dépistage du cancer du sein, la première ligne en matière de soins, le dépistage dentaire, les recommandations en matières d’IVG, les échanges de données entre les entités fédérale et fédérées, le dépistage néonatal de la surdité, les soins des personnes âgées et des patients à l’état végétatif, les maladies du système nerveux chez les moins de 65 ans, l’organisation d’enquêtes de santé, la politique de santé mentale, les drogues, les maladies graves et chroniques chez les enfants, la question des régions de soins, la programmation des SMUR, la commission de recours pour les hôpitaux, la formation des praticiens de l’art infirmier et, enfin, le calendrier des constructions (hôpitaux, infrastructures).

09.03              Daniel Bacquelaine (MR) : Si vous avez abordé tous ces thèmes, c’est remarquable ! D’un autre côté, cela fait plus penser à une table des matières qu’à un investissement en profondeur.  La fréquence des réunions de la Conférence interministérielle me fait douter de la capacité d’aboutir à des mesures concrètes dans tous ces dossiers.

 

Présidence: M. Yvan Mayeur

09.04              Rudy Demotte, ministre (en français): Je pense, comme vous, que nous avons intérêt à parfaire l’outil.

09.05 Daniel Bacquelaine (MR): Nous devons pouvoir disposer d’une structure, quel que soit son nom, permettant une plus grande cohérence dans la définition des politiques de santé aux différents niveaux de pouvoir.

 

L’incident est clos.

 

03 Question de M. Benoît Drèze au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « la rémunération des médecins spécialistes » (n° 4938)

 

03.01              Benoît Drèze (cdH): M. Stevaert a plaidé, le 2 janvier, dans une interview accordée au « Nieuwsblad op Zondag », pour une diminution des revenus des médecins spécialistes, jugés trop élevés, au profit de leurs collègues – spécialistes ou généralistes – ayant des revenus inférieurs. Les réactions ont été nombreuses dans la presse ; par contre je m’étonne de n’en trouver aucune de la part de votre cabinet. Je me demande s’il n’y a pas ici, comme c’est déjà arrivé, un débat de fond tout à fait justifié que l’on enterre par une réponse inadéquate.

Les honoraires des médecins sont fixés par des accords conclus entre prestataires de soins et organismes assureurs approuvés par l’INAMI et les taux de remboursement sont fixés par la loi, afin de garantir à tous l’accessibilité aux soins. Cependant, si les chiffres avancés par M. Stevaert sont corrects, ils risqueraient de mettre en péril ce principe d’accès aux soins pour tous.  Votre note du 26 novembre 2005 prévoit notamment pour cette année un rééquilibrage de la nomenclature des prestations médicales afin d’offrir une rémunération équitable aux actes intellectuels par rapport aux autres actes médico-techniques.  Les honoraires convenus dans les accords actuellement en vigueur garantissent-ils l’accès aux soins pour tous, notamment en évitant des disparités injustifiées?

Des suppléments peuvent être réclamés au patient hospitalisé, notamment lorsque celui-ci a demandé lui-même son hospitalisation en chambre individuelle ou lorsque son médecin n’est pas conventionné – dans ce deuxième cas le médecin ne peut toutefois dépasser certains montants fixés par l’arrêté royal du 29 septembre 2002 pour certaines catégories de patients. Ces suppléments qui ne sont pas remboursés ne réduisent cependant pas l’accès aux soins lorsqu’ils découlent du consentement libre et éclairé du patient.

Cependant, nous estimons que les suppléments servent de plus en plus à pallier le manque de financement structurel des hôpitaux et qu’une information adéquate du patient en début d’hospitalisation fait défaut.

Les rémunérations actuellement pratiquées par les médecins spécialistes garantissent-elles, oui ou non, l’accessibilité aux soins pour tous, aussi bien en ambulatoire qu’en milieu hospitalier? Quelle politique menez-vous afin d’améliorer l’information du patient en début d’hospitalisation sur le montant estimé de sa facture de sortie? Les rémunérations actuellement et réellement pratiquées par les médecins spécialistes sont-elles, oui ou non, compatibles avec les objectifs budgétaires de l’assurance maladie?

03.02              Rudy Demotte, ministre (en français): J’ai pour M. Stevaert un grand respect. Son constat a été posé par d’autres acteurs. Il se fait donc le reflet d’une partie de la société.

Concernant le problème de la transparence des prix en milieu hospitalier, ceux-ci ont fait l’objet d’un premier arrêté royal du 17 juin 2004 qui prévoit qu’à partir du 1er septembre 2004, doit être remise au malade une déclaration d’admission qui lui donne des indications sur les différents prix qui peuvent lui être réclamés.

Quant aux tarifs pratiqués par les médecins spécialistes en dehors de l’hôpital, ils peuvent être soumis au respect des tarifs qui sont fixés dans le cadre de l’accord Medico-mut. Il est extrêmement important de garantir la sécurité tarifaire, raison pour laquelle on s’est toujours attaché à négocier ce type d’accord.

On a accompli des efforts pour permettre la sécurité tarifaire en 2005. Des initiatives de stabilisation des coûts et donc des prestations et honoraires ont été prises, pour remédier au sous-financement des hôpitaux. Il y a eu un débat sur la partie réservée à la psychiatrie et aux hôpitaux généraux.

L’injection de ces montants devait avoir comme pendant la sécurité tarifaire. Il fallait éviter que les médecins reçoivent un financement supplémentaire mais soient ponctionnés sur leurs honoraires. Dans ce cadre, nous voulons équilibrer les actes intellectuels et médico-techniques. Je vise les augmentations d’honoraires des 1er avril et 1er décembre pour les prestations intellectuelles, et l’analyse de la nomenclature que vous avez évoquée.

Nous avons donc des indicateurs pour jauger la situation. Dans le cadre de l’accord Medico-mut, nous avons évalué les équilibres entre médecins généralistes et spécialistes. Au cœur du débat se trouve la sécurité tarifaire du patient en fonction des conventions passées et de la transparence des coûts dans et en dehors de l’hôpital.

03.03              Benoît Drèze (cdH): Je me demande si les rémunérations élevées accordées à certains spécialistes sont compatibles avec les objectifs budgétaires de l’INAMI. M. Stevaert disait qu’il était possible de faire baisser toutes les rémunérations et diminuer les budgets, en transférant une partie des rémunérations les plus élevées vers les autres.  Dans un article du Soir, on rapporte qu’il est fier de ses deux propositions de l’année dernière, concernant le financement forfaitaire et la politique du médicament, et qu’il envisage de rééquilibrer les rémunérations.

Ce débat est sérieux. Dans un système d’économie de marché, les « techniciens » de qualité peuvent-ils élever indéfiniment leurs honoraires, au motif que les patients ont confiance en leurs pratiques ? Il y a tout de même un impact sur le budget de l’INAMI !  Ne doit-on pas réfléchir à articuler au mieux cette économie de marché et ce financement public?

03.04              Rudy Demotte, ministre (en français) : Vous faites la liaison avec le débat de ce matin, notamment sur la question des forfaits. Quand nous disons qu’il faut entrer dans la définition d’une logique forfaitaire, cela pose aussi implicitement la question de la rémunération des différents acteurs.  Il faut pouvoir avoir des revenus différenciés en fonction des rôles de chacun. Il faut qu’il y ait des variations de revenus mais qui doivent aussi être objectivables. C’est un point important qui pose aussi la question des nomenclatures.

 

L’incident est clos.

 

04 Question de M. Richard Fournaux au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « la reconnaissance de la fibromyalgie » (n° 4841)

 

04.01              Richard Fournaux (MR): J’ai eu l’occasion de rencontrer les responsables d’une association qui rassemble des personnes souffrant de fibromyalgie. La maladie a un caractère évolutif et est particulièrement difficile à préciser. Ce dossier ne vous est pas inconnu. A l’époque, votre prédécesseur, M. Vandenbroucke, avait promis notamment à M. Dallemagne, sénateur, de mettre ce dossier à l’examen. Pourriez-vous nous dire ce qu’il en est aujourd’hui et les initiatives que vous comptez prendre en la matière?

 

04.02              Rudy Demotte, ministre (en français) : Afin de lever un éventuel malentendu, il est inexact que l’INAMI reconnaîtrait un certain nombre de maladies spécifiques. L’INAMI reconnaît les prestations qui peuvent donner l’accès au traitement. En ce qui concerne les indemnités, l’INAMI tient compte du taux d’incapacité de travail qui découle de la maladie. Il n’existe donc absolument pas de dossier de reconnaissance, en tant que tel, de la fibromyalgie. Par contre, les centres de référence « douleurs chroniques » prendront en charge la fibromyalgie. Par ailleurs, le comité d’assurance de l’INAMI a désigné neuf centres avec lesquels une convention sera conclue.  Ces centres devront être opérationnels au plus tard le 1er mai. Les patients pourront s’y présenter pour recevoir un diagnostic et un avis quant à la prise en charge médicale et sociale de cette pathologie. Les patients fibromyalgiques peuvent également se rendre dans l’un des cinq centres de référence de la fatigue chronique.

 

04.03              Richard Fournaux (MR): Il serait malvenu de répliquer.

 

L’incident est clos.

 

05 Question de M. Luc Goutry au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « la nomination du président de la Commission des médicaments » (n° 4842)

 

05.01              Luc Goutry (CD&V): Le président, récemment nommé, de la Commission des médicaments qui est compétente pour l’enregistrement des médicaments, est également vice-président de la Commission de remboursement des médicaments (CRM).  Les deux fonctions sont-elles compatibles légalement ? Cette situation n’aboutit-elle pas à un conflit d’intérêts ? Quelle a été la procédure de sélection appliquée pour la désignation du président de la Commission des médicaments ?  Combien y avait-il de candidats ? Quelles sont les directives applicables en cas de conflit d’intérêts et dans quel règlement figurent-elles?

 

05.02              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais):

Le président de la Commission des médicaments a été nommé le 19 novembre 2004 par arrêté royal.  La Direction générale des médicaments m’a fait parvenir une proposition motivée le 6 juillet 2004. Il a été décidé d’un commun accord que le candidat proposé était le plus compétent pour la fonction, sur la base de critères très divers, tels qu’une expertise importante et équilibrée. Il n’existe pas de procédure de sélection comparative pour les membres des commissions. La Commission des médicaments et la CRM poursuivent certes des objectifs différents, mais une connaissance approfondie des deux procédures est nécessaire pour pouvoir mener une politique cohérente.  Cette évolution se fait jour également sur le plan européen. Dans l’arrêté royal du 3 juillet 1939 relatif à l’enregistrement des médicaments, des directives déontologiques ont été insérées à l’article 14bis. Le règlement d’ordre intérieur prévoit que les membres doivent signer une déclaration d’intérêts. Ces documents peuvent être consultés au secrétariat de la Commission des médicaments.

05.03              Luc Goutry (CD&V): Je ne mets nullement en cause la compétence de l’intéressé. Je me demande seulement si un cumul de ces deux fonctions est bien opportun. Il n’est pas le seul à bien connaître cette matière. Je crains des chevauchements tous azimuts parce qu’il s’agit ici d’un petit monde d’experts. La leçon que nous devons tirer du modèle kiwi, c’est précisément que Pharmac est une institution scientifique indépendante qui permet de lutter contre toute forme de confusion d’intérêts. Le ministre dit que l’intéressé a signé une déclaration destinée à éviter la confusion d’intérêts. A mes yeux, c’est une garantie minimale. Il aurait mieux valu créer une incompatibilité mais apparemment, il n’y a pas d’incompatibilité légale entre les deux fonctions.

 

L’incident est clos.

 

11 Question de Mme Yolande Avontroodt au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « la résolution relative à la pratique médicale en fin de vie » (n° 4893)

 

11.01              Yolande Avontroodt (VLD): Après l’adoption à l’unanimité, par le Parlement, de la résolution concernant les actes médicaux en fin de vie, le ministre s’était engagé à dégager des moyens pour mener une étude supplémentaire.  Ces moyens sont-ils inscrits au budget et un groupe de travail a-t-il déjà été constitué ? Qu’en est-il de la mise en œuvre de la résolution ?

 

11.02              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais):

Deux accords ont été conclus, qui doivent nous permettre de rassembler des données sur la fin de vie. Les parties concernées sont l’Association pour le droit de mourir dans la dignité et la Recht op Waardig Sterven. Elles présenteront un rapport sur l’aptitude des médecins à prendre des décisions en ce qui concerne la fin de vie et les soins palliatifs, en s’attardant sur leur connaissance de la législation, sur leur approche psychologique et sur leurs aptitudes en matière de communication. Les problèmes pratiques rencontrés par les médecins seront par ailleurs répertoriés. Les associations recevront chacune 20.000 euros à cette fin. Votre commission examinera les rapports.

11.03              Yolande Avontroodt (VLD): Dans la résolution, il était demandé au gouvernement de ne pas se pencher exclusivement sur la question de l’euthanasie. Ce projet est utile, mais l’objectif consistait à réaliser un enregistrement interuniversitaire en Belgique dans le cadre d’une vaste enquête européenne sur les actes médicaux en fin de vie. La mesure du ministre n’accorde aucune attention aux soins ambulants ni aux autres facteurs médicaux dans le cadre de la fin de vie.

 

11.04              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais):

Ces mesures ont en effet été prises pour examiner et évaluer l’application de la pratique de l’euthanasie. J’interrogerai mon administration sur la question.

L’incident est clos.

 

13 Question de M. Koen Bultinck au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur « le premier rapport annuel de la Ligue flamande contre le cancer » (n° 4949)

 

13.01              Koen Bultinck (Vlaams Belang): Il ressort du rapport annuel de la Ligue flamande contre le cancer qu’en ce qui concerne les programmes de soins en oncologie, la collaboration tant entre les hôpitaux qu’au sein-même de ceux-ci s’est améliorée. Faute de moyens, le volet psychosocial des programmes de soins est toutefois insuffisamment développé.

Le rôle du médecin de famille dans les programmes de soins en oncologie doit également être revalorisé et le contrôle des traitements du cancer dans les hôpitaux doit être renforcé. Il existe également une demande de programmes de soins spécifiques pour les enfants et pour les patients atteints de tumeurs rares.

Quelle est la réaction du ministre à ce rapport annuel ? Compte-t-il adapter la politique en matière de lutte contre le cancer ? J’estime que le moment est venu d’évaluer les programmes de soins de 2003.

13.02              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais):

Selon le rapport, l’arrêté royal fixant les normes en matière de soins en oncologie a entraîné un progrès. Le Collège d’oncologie étudie les points noirs qui subsistent. Je répète qu’une vision intégrale visant la coopération entre les divers établissements de soins constitue la seule vision correcte en la matière.

L’arrêté royal mentionne clairement l’utilité des équipes de soutien psychosocial. Une étude est menée à l’heure actuelle sur les besoins psychologiques des patients atteints du cancer et de leurs proches ainsi que sur la formation des psychologues. Des propositions politiques y seront formulées.

En ce qui concerne l’évaluation des programmes de soins en oncologie, le Collège d’oncologie a entamé ses activités en mai 2004 en créant un groupe de travail Enregistrement du cancer et un groupe de travail Manuel pluridisciplinaire en oncologie. Le Collège a déjà émis un avis relatif au formulaire d’enregistrement de la consultation pluridisciplinaire en oncologie.

Le Collège propose de relier entre elles les données d’enregistrement et les données de nomenclature et d’enregistrer en ligne les tumeurs rares.

Le groupe de travail chargé de préparer le manuel oncologique établit en collaboration avec le Centre d’expertise fédéral pour les soins de santé un manuel de référence comprenant des schémas de renvoi ainsi que des directives cliniques factuelles.  Les trajets cliniques doivent garantir une plus grande continuité dans le secteur ambulatoire.  Des propositions de centralisation de l’oncologie infantile ont été présentées au secteur qui n’a toutefois pas réagi unanimement. Le financement supplémentaire des centres d’oncologie infantile n’y est certainement pas étranger.

L’enregistrement en ligne des tumeurs rares fournira au Collège un aperçu de la répartition des centres de traitement et d’ainsi formuler des propositions de programmes de soins spécifiques.

13.03 Koen Bultinck (Vlaams Belang): Il est dommage que l’on doive attendre les résultats d’une étude pour organiser l’accompagnement psychosocial, alors que les soins psychosociaux figurent déjà dans la loi. Je demande dès lors au ministre de ne pas attendre les résultats d’une énième étude, mais de prévoir des mesures et des moyens suffisants pour les équipes chargées de l’accompagnement psychosocial.

 

L’incident est clos.