Le projet de loi du ministre Vandenbroucke

sur la responsabilisation individuelle des prestataires de soins

(loi-programme 2)

a été adopté le 23/12 en séance plénière tel qu’il a été adopté

le 5/12 par la Commission des Affaires sociales

 

 

CHAMBRE DES REPRESENTANTS

 

 

 

Loi-programme 1 – Loi-programme 2

 

Discussion et vote

 

Extraits

 

pratiques médicales

médicaments

centre fédéral d'expertise des soins de santé

* loi-programme 1 *

responsabilisation individuelle

 

* loi-programme 2 *

 

 

 

Séance plénière – 12/12/2002 – 14.16 h

 

 

13.15  Daniel Bacquelaine (MR): Nous sommes satisfaits par les impulsions nouvelles que donne la loi-programme par rapport à des sujets débattus depuis des années, comme le statut des artistes ou la suppression de certaines discriminations à l'égard des indépendants.

 

Des questions se posent au sujet de l'article 220, relatif aux pratiques médicales, qui crée dans le cadre de l'assurance obligatoire soins de santé un système de financement des coûts liés à la collaboration entre médecins généralistes et entre ces derniers et d'autres prestataires. Le problème se situe au niveau des arrêtés royaux d'application qui devront être pris. Les contraintes administratives ne favorisent évidemment pas la qualité des soins. On est arrivé à une limite qu'il ne convient pas de dépasser. Il ne faut donc pas que ces arrêtés royaux constituent uniquement un cadre contraignant en matière de mesures administratives.

 

13.16  Frank Vandenbroucke, ministre (en français): L'article 220 dispose que la commission médico-mutualiste doit se prononcer sur les arrêtés royaux. Les intéressés peuvent donc donner leur avis. Il est vrai qu'il faut encore peaufiner les détails. Mais il s'agit d'une subvention financière dont l'utilisation ne contraindra pas les médecins à des choix qu'ils ne souhaitent pas. Il existe une demande des médecins généralistes en termes de soutien en matière administrative. Je crois donc que ce système de subvention des pratiques est bon. Certains craignent des dérives idéologiques menant à des visions étroites qui mettraient les médecins "solos" de côté. Je ne le crois pas. Je déplore les propos alarmistes de certains leaders, notamment flamands.

 

13.17  Daniel Bacquelaine (MR): Les médecins "solos" craignent que seules les collaborations administrativement ou statutairement identifiables puissent bénéficier de cette mesure. Il faudra être attentif à ce que chacun y trouve son compte. Les médecins ont peur de voir disparaître des montants budgétaires au détriment de la valorisation des actes. Les budgets affectés à la valorisation des actes intellectuels ne sont en effet pas énormes.

 

13.18  Frank Vandenbroucke , ministre (en français) : L'accroissement du budget relatif aux pratiques médicales est de 1,4 milliards d'euros. La moitié est totalement libre pour la négociation. Les médecins doivent maintenant effectuer des choix entre les prestataires.

 

13.19  Daniel Bacquelaine (MR): Dans le débat budgétaire, on annonçait 20 millions pour la revalorisation des actes intellectuels. On connaît le cas du forfait télématique : les sociétés informatiques se sont immédiatement alignées sur le forfait, qui perdait dès lors tout intérêt.

 

13.20  Frank Vandenbroucke , ministre (en français) : L'idée n'était pas de renflouer le budget des médecins, mais bien de mieux les équiper. C'est un malentendu.

 

13.21  Daniel Bacquelaine (MR): Cela justifie d'autant plus la revalorisation des honoraires. Les médecins sont irrités de voir que l'on fait mine de leur donner quelque chose, alors que les honoraires ne sont pas revalorisés. L'acte intellectuel est primordial, surtout pour les généralistes. Leur revalorisation est une condition de survie du dialogue médecin-patient.

 

Nous avons apprécié, dans le projet "responsabilisation", la possibilité de faire évoluer le système dans le bon sens par le biais de l'évaluation par les pairs. En ce qui concerne le climat de concertation, il reste des choses à faire. La concertation avec les professions est essentielle. On vous reproche parfois, Monsieur le ministre, de n'organiser une concertation que lorsque votre décision est déjà prise.

 

13.22  Frank Vandenbroucke, ministre (en français): En ce qui concerne les médecins, l'analyse doit être différente. En matière de simplification des prescriptions administratives, j'ai demandé que l’on élabore des propositions en concertation, il y a deux ans. Mais la concertation a abouti à une impasse.

 

J'ai donc introduit moi-même une proposition et lancé la réforme.

 

Au niveau du dossier médical global, j'ai demandé par écrit, plusieurs fois depuis janvier, des propositions de simplification des procédures. Rien reçu !

 

Je suis devant un éternel dilemme : si je donne une solution, on me reproche d'être autoritaire, et si je ne fais rien, je suis critiqué par les médecins, alors que ce sont leurs organisations qui bloquent la concertation. Ils ne comprennent d'ailleurs pas le système.

Pourtant, il y a bien des exemples où lorsque la concertation a fonctionné, j'en ai accepté le produit.

 

13.23  Daniel Bacquelaine (MR): Il faut différencier la concertation active de la concertation passive et trouver une voie entre la concertation et la décision. Tout dépend de la méthodologie utilisée. Je reconnais toutefois que les organisations de médecins n'ont pas toujours des opinions convergentes;

Mais pour les kinés et les pharmaciens, ne pouviez-vous pas demander une concertation avant de prendre des décisions?

 

13.24  Frank Vandenbroucke, ministre (en français): Le problème des pharmaciens est fondamental. Ils sont coincés par le marché et les stratégies commerciales des entreprises. Moi, je dois organiser la concurrence au niveau des prix, ce qui entraîne une baisse des prix et donc, de leurs marges bénéficiaires.

 

13.25  Daniel Bacquelaine (MR): Ne peut-on promouvoir un système basé sur des honoraires de délivrance?

 

13.26  Frank Vandenbroucke , ministre(en français): Cela fait un an et demi que j'ai écrit aux pharmaciens pour connaître leurs propositions. La situation est intenable. Oui, il faudrait un système d'honoraires de délivrance, mais ils n'ont pas osé faire ce choix. Or, ils risquent de  devenir des quasi-commerçants, s'ils perdent du terrain en tant que prestataires de services.

 

13.27  Daniel Bacquelaine (MR): Il faut s'orienter vers des honoraires de délivrance car, en effet, la situation est intenable à cause de toute une série de problèmes comme, par exemple, celui du stockage des médicaments.

 

En tous cas, il faudrait trouver endéans les deux ans un nouveau système en concertation avec le secteur.

 

Idem pour le règlement sur les produits de parapharmacie : il faudra associer les pharmaciens à la définition de leur liste, car je vois mal qu'on leur impose des listes faites ailleurs.

 

Il faut faire en sorte que chacun y trouve son compte, y compris les patients, au service desquels les pharmaciens oeuvrent en tant que profession libérale.

 

De manière générale, j'ai trois demandes. La première est de revaloriser les honoraires de base des infirmières, kinés et médecins. Par rapport aux autres professions libérales qui ont vu leur sort amélioré à tous niveaux, les professionnels de la santé, vu les contraintes budgétaires, n'ont connu aucune évolution positive.

 

La deuxième est que l'on s'intéresse à la surcharge et aux contraintes administratives rencontrées dans les professions des soins de santé. Il s'agit de les réduire drastiquement.

 

Enfin, ces professions ont besoin d'une reconnaissance sociale, car elles sont de plus en plus critiquées tant par les pouvoirs publics que par la population. Il faut leur trouver un mode de fonctionnement compatible avec cette reconnaissance.

 

J'espère qu'on pourra revenir sur ces demandes l'an prochain, année qui s'annonce capitale pour le secteur.

 

Par ailleurs, la norme de croissance qui a été fixée est de 2,5%, alors qu'en réalité elle atteint quasi 4% ces dernières années. Va-t-on s'accrocher à cette marge de 2,5%, alors que dans les autres pays elle est supérieure? Ne faut-il pas la réévaluer, en tenant compte du vieillissement de la population?

[…]

 

13.29  Yolande Avontroodt (VLD) : Le véritable défi est de répondre à cette question: quelle doit être la valeur ajoutée, pour la société, d'un système de soins de santé performant?

 

Le centre fédéral d'expertise correspond en fait à la synthèse de trois résolutions déposées par mes collègues et moi-même au sein des commissions de la Santé publique et des Affaires sociales. Elles concernaient le travail à partir de guidelines, de data warehouse et d'un Health Technology Assessment. Ces trois piliers se retrouvent dans le centre.

 

La structure du centre est relativement rigide et nous devons nous assurer que, dans la pratique, la flexibilité restera de mise et que l'on recherchera l'expertise et le savoir-faire là où ils sont disponibles.

 

Le deuxième pilier important est la transparence et la publicité des rapports et des données. Je me félicite de l'ancrage de cet aspect dans la loi. Les données ne susciteront plus de polémiques. Et réaliser cet objectif sans porter atteinte au respect de la vie privée relevait du tour de force.

 

En fait, nous souhaitions que le centre fonctionne sous un statut d'asbl. Les technologies de l'information évoluent très rapidement, l'Etat doit pouvoir disposer des meilleures données et le meilleur moyen d'y parvenir est d'opter pour une structure flexible.

 

Les données récoltées doivent être le fondement de la politique de la santé. A présent, le ministre a réalisé un certain nombre d'objectifs partiels mais la politique de la santé doit s'appuyer sur des objectifs en matière de santé. Il est impératif, à cet effet, de disposer de données transparentes.

 

13.30  Luc Goutry (CD&V): Il est tout de même déplorable que ce débat soit mené ici dans une salle presque vide, alors qu'en commission, nos observations sont restées lettre morte. Nous avons notamment demandé qu'une asbl fonctionne comme un sous-traitant pour l'Etat, sans qu'une nouvelle institution soit créée.

 

13.31  Yolande Avontroodt (VLD): Ce n'est tout de même pas la première fois que je tiens ce discours!

 

Il est essentiel que notre centre d'expertise s'inscrive dans le réseau européen. Nous ne devons pas demander un rapport qui existe déjà ailleurs.

 

Je me réjouis également que les analyses liées à l'économie de la santé, indispensables à une politique de la santé transversale, figurent dans le projet. Tous les partenaires doivent être intégrés, tous les regards doivent être tournés vers le même objectif.

 

13.32  Frank Vandenbroucke , ministre (en néerlandais) : Je suis d’accord sur l’importance de la définition d’objectifs précis en matière de santé. Nous avons du retard dans ce domaine mais, grâce au Centre d’expertise et aux enquêtes de santé déjà menées, nous pourrons approfondir notre réflexion à ce propos.

 

Le Centre d’expertise sera structuré sous la forme d’un petit noyau au centre d’un vaste réseau de partenaires du secteur privé. La constitution d’un tel réseau revêt une importance capitale. A eux seuls, les pouvoirs publics ne sont pas capables de faire face à une telle mission.

 

13.33  Luc Goutry (CD&V): Selon le ministre Tavernier, on ne recrutera pas plus de 20 collaborateurs. Cette information est à présent confirmée par le ministre Vandenbroucke. Le nombre des membres du personnel sera donc inférieur à celui des administrateurs. Nous resterons vigilants à cet égard.

 

13.34  Yolande Avontroodt (VLD): M. Goutry était candidat. Il est d’ailleurs candidat chaque fois que l’occasion s’en présente.

 

Je déplore qu’au sein de centre, les patients n’auront pas de voix consultative. Une telle mesure aurait favorisé la transparence de l’institution et l’implication des patients qui auraient ainsi été traités sur un pied d’égalité.

 

Nous nous réjouissons de l’ancrage dans la loi d’une définition plus précise de l’agence intermutuelliste. Les données doivent pouvoir être collectées d’une manière transparente.

 

En ce qui concerne la responsabilité individuelle, je me rallie aux propos de M. Bacquelaine. Il est essentiel que, dans le cadre de l’établissement des indicateurs, un orthopédiste ne soit pas amené à se prononcer en ce qui concerne l’immunologie. L’arrêté royal relatif à ce point précise que la commission paritaire compétente peut être consultée à ce propos. Lors de la rédaction ou de l’adaptation de l’arrêté royal, il conviendra de préciser qu’il suffit que deux banques sollicitent un avis pour que la commission soit consultée. Il est important que soit confirmé que telle est l’intention du législateur.

 

13.35 Frank Vandenbroucke , ministre (en néerlandais): Je n'y suis pas opposé mais une concertation s'impose. Il faut vérifier si cet avis pourra être rendu dans l’hypothèse où le délai de six mois, dans lequel le Conseil national doit se prononcer continue à courir. Du reste, nous devons également mobiliser les associations scientifiques et professionnelles.

 

13.36              Yolande Avontroodt (VLD): J’espère que la manifestation de samedi prochain sera la dernière.

[…]

 

13.38  Jean-Marc Delizée (PS):

[…]

 

Dans le domaine des soins de santé, le maximum à facturer permettra de comptabiliser des frais qui ne l'étaient pas auparavant. Le mécanisme général d'accessibilité aux soins évolue vers une prise en compte de tous les frais.

 

Le volet de la responsabilisation individuelle des prestataires de soins marque une évolution qui tient compte du fait que les dérapages ne peuvent être tolérés sous peine de mettre en péril le système. La fixation d'indicateurs de "déviation manifeste" s'impose comme instrument de dissuasion. M. Bacquelaine a déposé un amendement louable disposant que l'indicateur approuvé par défaut est retiré si, à l'issue d'une période d'un an, les spécialistes se prononcent en sa défaveur.

 

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

[…]

 

Séance plénière – 13/12/2002 – 14.15 h

 

 

01.12  Luc Goutry (CD&V): Nous passons au Titre III, Protection de la Consommation, Santé publique et Environnement. La discussion de ce titre requiert la présence du ministre Tavernier. Nous pourrions tout aussi bien commencer par examiner le Titre IV mais il faudrait alors que la ministre Onkelinx soit présente.

 

Le président: Nous suivrons l'ordre des travaux comme il a été prévu. Voilà justement que M. Tavernier pénètre dans l'hémicycle.

 

01.13  Luc Goutry (CD&V): L'amendement n° 42 à l'article 259 constitue l'amendement clé en ce qui concerne la création du nouveau centre d'expertise. Il a été décidé que ce dernier prendrait la forme d'un parastatal B. Il ne s'agit pas d'une entreprise publique à part entière. C'est la raison pour laquelle il a fallu prendre toute une série de mesures d'exception. En fait, le centre est devenu un parastatal sui generis.

 

Hier, Mme Avontroodt a indiqué qu'elle préférait en fait le statut d'asbl. Notre amendement n° 42 facilite la tâche du ministre. Sous une autre forme, le nouveau centre d'expertise sera bien plus performant.

 

Ordre des travaux

 

01.14  Frank Vandenbroucke , ministre (en néerlandais): Quand le deuxième projet sera-t-il abordé ?

 

Le président: Cela est difficilement prévisible. Je pense que nous pourrons entamer la discussion vers 20 heures.

 

01.15  Frank Vandenbroucke, ministre (en néerlandais): Je suis prêt à remplacer le ministre Michel, qui est actuellement en déplacement à Copenhague, à condition que les projets qui relèvent de sa compétence soient traités directement après la loi-programme bicamérale.

 

01.16  Luc Goutry (CD&V): Pour l’amendement n° 228, je vous renvoie à l’amendement précédent. Nous n’avons aucune objection à formuler quant au contenu, mais bien en ce qui concerne la forme. J’apprécierais que le ministre Tavernier accepte d’examiner ce problème.

 

01.17  Jef Tavernier, ministre (en néerlandais): Nous avons pris une autre option. Nous ne souhaitons pas constituer d’ASBL, car nous aspirons à la création d’un véritable organe de définition de la politique, ou plutôt d’un organe chargé de la préparation de la définition de la politique.

 

01.18  Luc Goutry (CD&V): Le ministre s’est trahi lui-même, étonnamment. D’une part, le Centre d’expertise sera un organe de décision politique. D’autre part, il doit fonctionner comme un instrument de décision et ne doit pas être politisé.

 

Notre amendement n° 229 à l’article 262 tend à garantir une distinction claire entre les buts et les moyens.

 

L’amendement n° 44 à l’article 263 tend à élargir la compétence du Centre d’expertise en le chargeant de trois missions importantes supplémentaires : la planification des professions médicales, la réalisation d’enquêtes nationales sur la santé et la formulation annuelle de propositions concrètes en vue de supprimer les différences entre les régions du pays.

 

L’amendement n° 230 porte sur les différences dans les dépenses médicales entre le Nord et le Sud du pays. Nous attendons toujours le sixième rapport Jadot. Nous demandons l’intégration de l’enquête sur les différences objectivables au sein du Centre d’expertise. Quelle est la réaction du ministre à cet égard ?

 

L'amendement n° 45 à l'article 264 vise à abandonner les missions du centre de la connaissance qui sont déjà assumées par le Conseil scientifique de l'INAMI. Le but n'est pas de faire le même travail deux fois. Qu'en pense le ministre?

 

01.19  Jef Tavernier , ministre (en néerlandais) : En commission, des débats exhaustifs consacrés à la forme, aux missions et à la composition du centre de la connaissance ont déjà eu lieu. Le texte qui vous est soumis aujourd’hui est une option qui pourrait permettrait la mise en place d’un instrument de préparation de la politique à suivre qui serait au service de l’Etat et qui centraliserait le savoir-faire sans porter préjudice aux organismes existants. Nous n’allons pas décider ce que nous supprimons mais nous voulons en revanche éviter tout double emploi.

 

01.20  Luc Goutry (CD&V): L’amendement n° 232 à l’article 264 vise à ce que le centre de la connaissance ne soit pas un organe exclusivement fédéral. Nous voulons que soit prévue la possibilité de conclure un accord de coopération avec les Communautés.

 

01.21  Jef Tavernier , ministre (en néerlandais): L'article 268 permet au Centre d'expertise d'exécuter des missions d'autres niveaux. Le centre est un organe fédéral que nous nous refusons à laisser dépendre d'un accord de coopération préalable.

 

01.22  Luc Goutry (CD&V): Les accords de coopération ne doivent pas nécessairement être des conditions préalables.

 

Les amendements 233 et 234 à l'article 264 sont uniquement dictés par la prudence. Cela concerne la législation sur la vie privée.

 

L'amendement 235 à l'article 264, qui remplace les mots «communiqués aux» par les mots «examinés par les», doit faire en sorte que le rapport annuel doive être examiné à la Chambre.

 

Le président: La loi ne peut imposer à la Chambre de faire quelque chose. Une communication peut être traitée de plusieurs façons. La Chambre peut également décider de ne pas examiner quelque chose.

 

01.23  Jef Tavernier, ministre (en néerlandais): J'ai formulé la même observation en commission. Le président semble avoir plus d'influence.

 

01.24  Luc Goutry (CD&V): L'amendement n° 46 à l'article 268 tend à définir les missions du Centre d'expertise dans le cadre d'une coopération avec les Communautés. En l'occurrence, nous avons consulté d'éminents spécialistes mais le gouvernement estime apparemment pouvoir se passer de leur avis.

 

L'amendement n° 47 à l'article 270 tend à alligner les indemnités des membres du conseil d'administration du Centre d'expertise sur celles accordées aux organes de l'INAMI. D'un côté on crée un parastatal B et de l'autre, on refuse de respecter les règles y afférentes.

 

Ce centre devient un organe politique. Je me propose de remettre au président une enveloppe contenant le nom des personnes désignées. En outre, le Roi fixera les jetons de présence. Il vaudrait mieux appliquer les indemnités de l'INAMI.

 

L’amendement n° 48 à l’article 270 interdit le cumul pour les membres de l’organe de direction. On ne peut être rémunéré à la fois par une mutualité, un hôpital, une institution de soins ou une entreprise pharmaceutique.

 

L’amendement n° 237 vise à augmenter le nombre de représentants des organisations hospitalières de deux à trois, ce qui permettra une meilleure représentation du secteur.

 

Par l’amendement n° 238, nous voulons garantir que le conseil d’administration comprendra non un seul membre de la Chambre, mais un membre de chaque groupe politique.

 

En ordre subsidiaire, l’amendement n° 239 vise à ce que le conseil d'administration soit notamment composé de  deux membres de la Chambre, dont un de chaque rôle linguistique et en outre un de la majorité et un de l'opposition.

 

J’ai déjà commenté l’amendement n° 249.

 

L’amendement n° 256 vise à intégrer également deux représentants des organisations de patients au sein du conseil d’administration.

 

Pourtant, votre nom est fréquemment cité dans les couloirs. A moins que ce ne soit M. Erdman.

 

L'amendement 240 vise à remplacer l'article 272. J'ai déjà dit hier que le Centre d'expertise devient un organe politique où les nominations politiques foisonnent. Je transmets au Président une enveloppe contenant les noms des futurs président et directeur du centre. Au lendemain de leur nomination, qui sera pourtant précédée d'une procédure de sélection, force vous sera de reconnaître mes dons d'extralucide.

 

Le président: Le Greffier conservera l'enveloppe dans le coffre-fort de la Chambre.

 

01.25  Luc Goutry (CD&V): L'amendement 241 vise à supprimer l'article 273. Rien ne justifie objectivement cette dérogation à la réglementation ordinaire en matière de mobilité.

 

L'amendement 242 apporte une précision indispensable à l'article 278. Les mutuelles seront en effet les principaux sous-traitants du centre d'expertise.

[…]

 

01.02  Luc Goutry (CD&V): Nous voulons compléter utilement le paragraphe 6 de l'article 230. L'amendement 67 tend à faire soumettre les thérapies et les médicaments qui reviennent systématiquement dans les rapports du Collège des médecins-directeurs aux conseils techniques et au Comité d'assurance, en vue de leur intégration dans l'assurance obligatoire soins de santé.

Le Fonds spécial de solidarité ne doit pas manquer son objectif. Il couvre les thérapies et les médicaments onéreux qui ne sont pas couverts par l'assurance soins de santé et revêt à ce titre une  importance majeure pour les personnes à qui ces thérapies sont indispensables.

 

01.03  Frank Vandenbroucke , ministre (en néerlandais): Un inventaire systématique présente également de l'intérêt pour d'autres instances au sein de l'INAMI, pour autant que la vie privée soit respectée. Il s'agit donc d'une bonne idée et nous la mettrons en oeuvre. Retirez donc l'amendement. Compte tenu de ce que je viens de déclarer, il n'y a pas lieu de procéder à un vote sur cet amendement.

 

01.04  Luc Goutry (CD&V): Nous le maintenons.

Il est logique que la commission technique et le conseil pharmaceutique doivent, et non pas puissent, donner un avis dans le cadre d'une demande de remboursement de médicaments. C'est leur mission. Tel est l'objectif poursuivi par l'amendement n° 68. Le ministre ne devrait normalement pas y être opposé.

 

L’amendement n° 69 tend à supprimer le seuil de 650 euros par an pour les médicaments ne faisant l’objet d’aucun remboursement dans le cadre de l’assurance obligatoire. Cela n'a pas de sens de reconnaître qu’il peut s’agir de médicaments indispensables et de fixer simultanément un seuil financier relativement élevé. Par ailleurs, cet amendement s’inscrit parfaitement dans la philosophie de gratuité du SP.A. Les médicaments ne sont-ils pas plus importants que les transports publics gratuits?

L’amendement n° 70 tend à modifier cette excellente mesure qui prévoit de couvrir les parents d’enfants malades contre les frais médicaux supplémentaires, en relevant la limite d’âge de 16 à 21 ans. Il serait absurde que les parents d’un enfant de 15 ans bénéficient d’une aide et pas les parents d’un enfant de 17 ans. C'est totalement illogique. Un ministre aux convictions sociales ne peut qu'approuver une telle modification.

 

L'amendement 65 à l'article 231 tend à porter de 10 pour cent à 50 pour cent le remboursement au patient du matériel endoscopique et de viscérosynthèse. Le ticket modérateur est certes compris dans le maximum à facturer, mais 5 pour cent seulement de la population bénéficie de ce dernier. Pour tous les autres patients, cette limitation du remboursement à 10 % équivaut à une majoration sensible du ticket modérateur pour des interventions qui sont pourtant totalement justifiées sur le plan médical.  

 

L'amendement n° 64 à l'article 232 tend à supprimer l'article. Nous devons éviter de rendre trop complexe le soutien de la pratique médicale. Il existe déjà un instrument à cet effet, à savoir l'indemnité pour la gestion du dossier médical global. Il ne sert à rien de créer d'autres instruments.

 

L'amendement n° 63 tend à remplacer le texte de l'article. Cela n'a aucun sens de créer une nouvelle commission à l'image de la Commission des médicaments si les compétences de ce nouvel organe sont similaires aux compétences et aux missions des conseils techniques au sein de l'assurance maladie.

 

Par notre amendement n° 62 à l'article 243, nous nous opposons à l'introduction du critère arbitraire et discriminatoire qu'est la limite d'âge de 16 ans, tant pour le Fonds spécial de solidarité que pour le maximum à facturer. Je ne puis accepter que trois catégories de la population soient exclues du bénéfice du maximum à facturer, et se retrouvent ainsi dans le régime de la franchise fiscale.

 

01.05  Frank Vandenbroucke, ministre (en néerlandais): M. Goutry ne doit pas oublier que la franchise fiscale est effectivement reprise dans la facture maximale, mais elle est seulement calculée après deux ans. Il s'agit des mêmes couvertures, des mêmes critères de remboursement, etc.

 

01.06  Luc Goutry (CD&V): Je continue à penser que la limite d'âge de 16 ans, indépendamment du revenu des parents, est arbitraire. En outre, j'estime que la communication sur la facture maximale - en dépit du caractère positif de ce concept - manque d'efficacité. Le ministre en fait étalage mais il n'évoque pas le plafond élevé qui implique que 5 pour cent de la population à peine en bénéficie. En outre, la facture maximale ne s'applique pas aux moins de 16 ans, ni aux personnes qui bénéficient d'allocations familiales majorées, ni aux catégories trois et quatre des allocations aux handicapés.

 

L’amendement n° 61 à l’article 244 vise à supprimer cet article parce que nous considérons qu’il constitue un levier qui permettra d’abaisser de la catégorie B à la catégorie C un certain nombre de médicaments, ce qui aura pour conséquence pour les patients un remboursement moindre de ces médicaments.

 

01.07  Frank Vandenbroucke, ministre (en néerlandais) : Ces médicaments ne sont pas toujours nécessaires. Les experts nous conseillent même de ne plus rembourser certains d’entre eux, mais la mentalité des gens évoluant lentement, nous n’avons pas suivi ce conseil.

 

Il faut bien se rendre compte que les médicaments sont des produits dont la vente dégage des profits. Par conséquent, il est indispensable de disposer d’une autorité critique qui exige des fabricants qu’ils prouvent que leurs produits ont un effet thérapeutique.

 

Il existe sur le marché des médicaments coûteux et fiables contre les ulcères à l’estomac et les infections de l’œsophage. Il est clair qu’il n’est pas nécessaire de prendre ces médicaments quand on souffre d’aigreurs ou après avoir pris une cuite. Dans ces deux cas, des produits efficaces meilleur marché peuvent faire l’affaire. Les personnes se trouvant dans ces cas qui préfèrent néanmoins prendre un médicament plus onéreux devraient alors le payer eux-mêmes.

 

Les autorités publiques doivent avoir le courage de le dire aux gens et de les placer ainsi devant leurs responsabilités. Au demeurant, il découle du nouveau règlement que les patients qui le souhaitent peuvent obtenir le médicament plus cher sans subir une gastroscopie mais à condition d’être prêts à débourser davantage.

 

Je pense qu’il faut cesser de crier au scandale chaque fois que le prix d’un médicament augmente.

 

01.08  Luc Goutry (CD&V): Je partage dans une large mesure le point de vue du ministre. Toutefois, il ne s'agit pas uniquement de brûlures épigastriques mais de n'importe quel médicament. Lorsque les gens ont vraiment des problèmes …

 

01.09  Frank Vandenbroucke, ministre (en néerlandais): ils consultent un gastroentérologue et seront remboursés selon la catégorie B.

Je suis disposé à aller plus loin et à décharger les médecins des contraintes administratives mais si un médecin multiplie ensuite les prescriptions, il doit consentir à donner accès à ses dossiers.

 

01.10        Luc Goutry (CD&V): L'amendement n° 58 tend à insérer un article 244bis. La limite d'âge de seize ans n'a aucun fondement rationnel. On rencontre de plus en plus dans les mesures prises par le ministre cette distinction artificielle en matière d'âge et de catégories. La limite d'âge doit être portée à 21 ans afin que la  facture maximale puisse s'appliquer au mieux à tous les enfants handicapés.

 

 

Séance plénière – 13/12/2002 – 14.15 h

 

 

 

Le président: Nous passons à l’examen des articles du projet de loi-programme 2 (n° 2125) (matière visée à l’article 77 de la Constitution). Le texte adopté par la commission sert de base à la discussion (Rgt 66, 4) (2125/11)

 

03.14  Greta D'hondt (CD&V): L’amendement n° 6 insère un nouvel article 7bis qui vise à enfin accorder aux 10.000 accueillantes d’enfants ce qu’elles méritent. Pas un statut précaire mais un statut normal. Ce ministre social et socialiste me déçoit très fort car il abandonne les accueillantes à leur sort pour des raisons purement budgétaires. La situation sera évaluée ultérieurement mais, en attendant,  les gens n’y trouvent pas leur compte.

 

L’amendement n° 7 tend, par l’insertion de l’article 8bis, à reconnaître le travail à part entière qu’accomplissent les accueillantes.

 

L’amendement n° 9 à l’article 21 est une réponse à l’absence de déclaration plausible pour la fixation d’une limite maximum de 500.000. Nous nous efforçons d’en retrancher ne fût-ce qu’un euro. C’est toujours ça.

 

Le vote sur les amendements et l’article 21 est réservé.

 

Les articles 1 à 20 et 22 à 50 sont adoptés article par article.

 

La discussion des articles est close. Le vote sur les amendements et l’article 21 réservés ainsi que sur l'ensemble aura lieu ultérieurement.

 

(NDLR : la discussion ne fut pas plus longue que ça)

 

[…]

 

21 Ensemble du projet de loi-programme 1 (2124/32)

 

Quelqu'un demande-t-il la parole pour une déclaration avant le vote? (Non)

 

(Stemming/vote 66)

Ja

89

Oui

Nee

40

Non

Onthoudingen

0

Abstentions

Totaal

129

Total

 

En conséquence, la Chambre adopte le projet de loi-programme. Il sera transmis au Sénat. (2124/37)

 

 

 

 

 

22 Amendements et articles réservés du projet de loi-programme 2 (2125/1 à 11)

 

(NDLR : les amendements sont rejetés)

 

23 Ensemble du projet de loi-programme 2 (2125/11)

 

23.01 Quelqu'un demande-t-il la parole pour une déclaration avant le vote?

 

 Jean-Pol Henry (PS) : Je suis heureux de vous annoncer que je viens d’entrer dans ma soixantième année. (Applaudissements sur tous les bancs. On chante le Happy Burthday to you)

 

(Stemming/vote 68)

Ja

90

Oui

Nee

39

Non

Onthoudingen

1

Abstentions

Totaal

130

Total

 

 

En conséquence, la Chambre adopte le projet de loi-programme. Il sera transmis au Sénat. (2125/12)