BELGISCHE VERENIGING VAN ARTSENSYNDIKATEN
ASSOCIATION BELGE
DES SYNDICATS MEDICAUX
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Bruxelles, le 4 avril 2000.
Madame Magda AELVOET,
Ministre de la Santé publique
Avenue des Arts 7
1210 BRUXELLES
Madame la Ministre,
CONCERNE : votre note conceptuelle "Soutien et structuration
des soins de première ligne"
Comme
vous me l'avez demandé lors de notre entretien du 16 mars dernier, je vous
adresse ci-joint mes remarques à propos de votre note conceptuelle.
C'est avec
satisfaction que j'ai pu constater que le renforcement, la promotion et le
développement des soins de première ligne sont une des priorités de la
politique de santé du Gouvernement. Je vous remercie de l'intérêt que vous
portez à notre profession mais vos projets de structuration du premier échelon
suscitent quelques réserves de ma part.
En vous
remerciant de l'attention que vous voudrez porter à la présente, je vous prie
d'agréer, Madame la Ministre, l'assurance de mes sentiments respectueux.
Geneviève BRUWIER,
Médecin généraliste.
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REFLEXIONS A PROPOS DE LA NOTE "ETAYER ET STRUCTURER
LE PREMIER ECHELON : LA COMPOSANTE ESSENTIELLE DE L'ORGANISATION DES SOINS
DE SANTE"
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A propos des caractéristiques
fondamentales des soins du premier échelon
Le seul professionnel de santé du "premier échelon" capable de
dispenser des soins globaux, intégrés et
continus est le médecin GENERALISTE. Sa formation est d'ailleurs orientée en fonction de cet
objectif.
La relation médecin-malade constitue l'essence même de la médecine
générale. Cette relation nécessite la confiance du patient et implique par
conséquent le LIBRE CHOIX du médecin.
Le médecin généraliste est le confident du patient, il est tenu au SECRET PROFESSIONNEL, il n'est donc pas "substituable"
et ses notes personnelles ne sont pas transmissibles.
Le rôle du médecin généraliste est d'abord et avant tout centré sur la PERSONNE. Si l'on veut défendre
"Plus de santé pour chacun", le système des soins de santé doit être
centré sur le patient, et le médecin généraliste est le professionnel de santé
le plus proche et le plus compétent pour accompagner son patient dans le dédale
des soins.
Dispenser des soins globaux, intégrés et continus ne se conçoit pas sans
:
· d'une part un
travail en collaboration avec TOUS
les autres acteurs de soins (hôpitaux, spécialistes intra et extra-hospitaliers,
pharmaciens, infirmiers, kinés ...). Ce travail doit se faire en réseau et non pas par paliers. La
structure réticulaire est en effet la seule qui permet de garder le patient au
centre du système. Une structure "horizontale" ne paraît pas mieux
adaptée qu'une structure verticale,
· d'autre part,
la gestion d'un dossier médical global contenant
les données nécessaires pour assurer la continuité et l'intégration des soins.
A propos des notions-clés pour
l'organisation du premier échelon
- Décentralisation :
Les cabinets des médecins
généralistes sont actuellement "on ne peut plus" décentralisés et
accessibles géographiquement.
- Permanence :
Les généralistes ont de plus en plus
tendance à s'associer de manière à assurer la permanence des soins. Ils
assurent les rôles de garde, comme le prévoit la loi, tant en semaine que le
week-end.
- Polyvalence :
Le généraliste est par définition
polyvalent. En ce qui concerne de petites équipes diversifiées où
chacun se "spécialiserait" dans un domaine particulier,
cela ne me paraît pas pertinent dans la mesure ou, d'une part, il
existe suffisamment de praticiens spécialisés, et d'autre part, c'est
antinomique avec la fonction spécifique du généraliste qui est la
prise en charge globale de son patient. (Je ne vois pas pourquoi un
généraliste prendrait en charge les examens gynécologiques ou les
psychothérapies des patient(e)s de ses confrères, cela sort du cadre de sa
mission et le détourne de son rôle essentiel qui reste la médecine
intégrée de la personne).
- Action centrée sur la communauté :
La prise en charge globale des
familles induit une dimension communautaire et le généraliste intègre
dans sa pratique les aspects : éducation à la santé, prévention,
environnement ... en coordination avec les équipes de terrain (éducateurs de
rue, centre de santé mentale, assistants sociaux, pouvoirs publics
locaux ...). Malheureusement, cette fonction n'est ni reconnue, ni rémunérée.
Actuellement, différentes formes de pratique (individuelle,
associations, maisons médicales ...) coexistent harmonieusement, aucune d'elles
n'a fait la preuve de sa supériorité sur l'autre, c'est le patient qui choisit.
La médecine associative est certes appelée à se développer mais elle
doit pouvoir le faire de manière souple et être attentive à respecter le droit
des patients à choisir son généraliste, son hôpital, son spécialiste, son
infirmière, son kinésithérapeute ...
La qualité des soins et la compliance des patients n'en seront que
meilleures.
En résumé, si je peux marquer mon accord sur les objectifs de la
politique à mener, à savoir expliciter les missions et développer les incitants
afin d'orienter les activités de la
médecine de proximité vers plus de globalité, d'intégration et de continuité ;
je pense que remplacer des Hommes (médecins
généralistes) par des structures type "centre de soins intégrés de
première ligne" où le patient serait inscrit en fonction des coordonnées
géographiques constitue une grave
atteinte au libre choix du patient et est de nature à altérer la relation
médecin-malade, principe essentiel de la médecine générale.
Propositions pour développer les
incitants
· Revalorisation
des honoraires des consultations et visites (les honoraires du médecin
généraliste sont actuellement dérisoires et ne valorisent pas la prise en
charge globale).
· Diminution des
tickets modérateurs (pour permettre une meilleure accessibilité aux soins).
· Instauration
d'un honoraire de disponibilité pour les gardes.
· Assurer la
sécurité du médecin de garde.
· Instauration de
mesures dissuasives pour le recours aux services d'urgence lorsque celui-ci
n'est pas nécessaire (ces mesures pourraient être de type financier et
concerner soit le patient, soit les hôpitaux, soit les deux).
· Augmentation du
montant des honoraires pour la gestion du Dossier Médical Global.
·
Favoriser l'évaluation des pratiques en finançant le travail des GLEM et
en leur offrant un soutien logistique et méthodologique.