BeHealth

Questions parlementaires

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CHAMBRE DES REPRESENTANTS

Commission "SANTE PUBLIQUE" – 20/6/2006

 

 

01 Questions jointes de

·            Mme Josée Lejeune au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur "le projet de loi 'be-health'" (n° 11766)

·            Mme Yolande Avontroodt au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur "l'état d'avancement du dossier be-health" (n° 12102)

 

01.01              Josée Lejeune (MR) : Il y a quelques mois, le ministre annonçait la révolution de l’«emédecine », via l’avant-projet de loi dénommé « Be health ». Il s’agissait d'intégrer sur un même support informatique les données médicales des patients. Des questions se sont posées sur l'échange et l'utilisation de ces données, la protection de la vie privée, l'accès aux données, etc. S'il faut rester prudent dans l'élaboration de pareils systèmes, il faut aussi avancer avec son temps.

Aujourd'hui, l'Union européenne se penche à son tour sur l’« e-santé » (possibilité de prescriptions électroniques, dossier médical sur carte à puce).  Ces projets sont intéressants mais il faut une compatibilité des systèmes.

Où en est l'avant-projet « Be health » ? Comment envisagez-vous l'avenir de l’« e-médecine » en Belgique ? Etes-vous informé des projets européens en la matière et pouvez-vous garantir la compatibilité des systèmes pour éviter tout doublon ou opposition ?

01.02              Yolande Avontroodt (VLD) : Un décret flamand instaure un système d’information sur la santé. Il existe dès lors un fondement légal en Flandre pour l’échange de données relatives aux patients et la collecte de données relatives à la santé.

Le 23 décembre, le Conseil des ministres a approuvé le concept « Be health ». Le projet de loi est en préparation. Il semble opportun d’organiser une concertation avec la Flandre, ne fût-ce que pour éviter une double charge administrative aux prestataires de soins.

Où en est le projet de loi ? Une concertation fondée sur le système SIG utilisé en Flandre a-t-elle eu lieu ?

Il faut veiller au respect de la vie privée. Seules les données relatives à la santé et aux pathologies peuvent être échangées, non les données personnelles.

01.03              Rudy Demotte, ministre (en français) : M. Vanvelthoven et moi-même oeuvrons à un projet de loi sur l'e-médecine. L'aspect juridique n'est qu'une partie du travail. Il y a également tout le volet organisationnel et technique. Nous espérons pouvoir présenter un texte pour l'été.  Il faut réduire les formes administratives pour que les soignants puissent se concentrer sur leurs patients et améliorer la qualité de la prestation médicale. L'intention n'est pas de rassembler les bases de données en un seul point, mais d’orienter les soignants vers l'endroit où ces données sont stockées et leur donner les clefs d'accès.  En aucun cas, « be-health » ne doit devenir un « big brother » des soins de santé. On est donc devant un équilibre délicat entre la collecte de données et les risques relatifs à la vie privée.  La Belgique s'inscrit dans les standards internationaux en matière d'e-government. Je compte suivre les recommandations pour l'échange de données de santé afin que « be-health » puisse accompagner les évolutions possibles au niveau européen et mondial.

Voilà pour les questions de Mme Lejeune.  (En néerlandais) Nous sommes encore en train d’élaborer le cadre législatif de « Be health ». Il s’agit de la poursuite de l’exécution technique de l’infrastructure de base et des projets pilotes qui ont été approuvés par le conseil des ministres du 23 décembre 2004. Ce site portail est très important pour les prestataires de soins, les patients et les pouvoirs publics. C’est la raison pour laquelle nous avons l’intention de consulter tous les acteurs avant de publier le projet de loi.

Etant donné que la Flandre a adopté en mai 2006 le décret relatif au système d’information géographique (SIG), une concertation avec les Communautés s’impose. Cette concertation n’a pas encore commencé mais il est logique que tout soit harmonisé dans les différentes régions.

01.04              Yolande Avontroodt (VLD) : Je regrette qu’il y ait si peu de cohérence et que, par voie de conséquence, la concertation n’ait pas encore pu avoir lieu. En outre, je ne comprends pas que d’aucuns veuillent suivre une approche à deux axes. Le ministre devrait en tout cas se concerter avec la ministre Vervotte pour éviter tout tiraillement administratif.

01.05              Rudy Demotte, ministre (en néerlandais) :

Nous nous concertons régulièrement dans le cadre des conférences interministérielles. Je constate que la Flandre a pris une initiative unilatérale et que deux pistes peuvent mener à un double enregistrement. Il en résulte pour tous une perte de temps et d’efficacité. J’enverrai une lettre à Mme Vervotte et en transmettrai une copie à la commission. Il est regrettable que la concertation ne soit pas plus spontanée.

01.06              Yolande Avontroodt (VLD) : Le ministre parle d’efficacité, mais je crains que des données ne soient contestées ou ne doivent être validées.  La surcharge administrative m’inquiète.

 

L'incident est clos.

 

 

 

 

CHAMBRE DES REPRESENTANTS DE Belgique

 

Questions & Réponses écrites

 

Bulletin n° 99 du 14/11/2005

 

 

 

Question n° 489 de M. Guy D’haeseleer du 14 juin 2005 (N.) au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique : Projet «Be-Health»

 

Un projet dénommé «Be-Health» est actuellement en cours au sein de la Direction générale des Soins de santé primaires du SPF Santé publique en vue de la création d’un réseau d’échange et de services à l’usage de l’ensemble des praticiens professionnels et des établissements actifs dans le domaine des soins de santé.

Quel est l’état d’avancement de ce projet ?

 

Réponse du ministre des Affaires sociales et de la Santé publique du 8 novembre 2005 :

 

J’ai l’honneur de donner la réponse suivante à la question de l’honorable membre.

La modernisation des soins de santé par le développement coordonné de l’informatique et de la télématique dans le secteur (ci-après : eHealth) offre de remarquables opportunités pour l’amélioration de l’accès aux soins, de leur qualité et leur efficacité :

·            En donnant aux prestataires de soins, en lieu et temps utiles, accès aux outils et aux informations dont ils ont besoin.

·            En améliorant la communication et les échanges de données entre les prestataires de soins et avec les patients.

·            En fournissant aux citoyens-patients des informations et des services leur permettant de jouer un plus grand rôle dans la préservation de leur santé.

·            Par la mise en place de procédures de simplification administrative et d’optimalisation des flux financiers (facturations, remboursements) et

·            En supportant des systèmes de collectes d’informations pour le monitoring d’activités et la veille épidémiologique.

e-Health comporte aussi des risques, tous liés à la sécurité :

·            la protection de la vie privée peut être mise en danger par la carence des mesures de protection des données;

·            des erreurs matérielles ou logicielles peuvent avoir d’énormes conséquences et

·            la dématérialisation des documents et des dossiers s’accompagne de nouveaux défis pour garantir leur authenticité et leur exhaustivité.

Afin d’exploiter au mieux ces opportunités, une stratégie nationale s’impose en matière d’eHealth pour :

·            poser les bases d’une concertation éclairée avec tous les acteurs concernés;

·            obtenir une cohérence des systèmes d’information par la définition de normes communes et la promotion de la complémentarité des projets d’implémentation;

·            garantir, pour le patient et les prestataires de soins, la qualité des outils et des informations, la sécurité juridique, le respect du secret professionnel et la protection de la vie privée et favoriser l’usage optimal des ressources (humaines, matérielles, financières) disponibles.


La stratégie sera mise en place par un projet de loi.

Les étapes prévues sont, dans l’ordre, les suivantes :

 

1. concertation au sein du groupe «Vision» de «BeHealth» pour lequel les candidatures sont en cours de collecte; ce groupe est en définitive un groupe d’utilisateurs, où ces derniers seront représentés;

2. demande d’avis à la Commission pour la protection de la vie privée;

3. demande d’avis de l’ordre des médecins et des syndicats médicaux;

4. présentation du projet au Conseil des ministres;

5. demande d’avis au Conseil d’Etat;

6. dépôt du projet au parlement.

 

Le projet de loi comportera notamment :

1. la création d’un comité sectoriel propre aux données de santé;

2. la création de la plateforme «Be-Health»;

3. la création d’un identifiant personnel de santé;

4. la création du dossier santé partagé;

5. la définition de certaines applications de télémédecine;

6. l’imposition de règles de sécurité.

1. Le Comité sectoriel «données de santé»

Devant l’explosion de la communication des données de santé, il est évidemment utile de doter la commission pour la protection de la vie privée d’un outil adapté de contrôle, qui puisse comporter des personnes compétentes en matière de données de santé, dont des médecins.

2. La plateforme «Be-Health»


«Be-Health» est une plate-forme télématique commune aux citoyens, aux patients, aux professionnels de la santé, aux institutions publiques qui organisent les soins de santé et la sécurité sociale ainsi qu’aux organismes assureurs. Elle met à leur disposition des applications, des infrastructures, des sources authentiques validées de référence qui leur permettent d’échanger des données et des informations de manière uniforme et sécurisée et d’accéder à des services à valeur ajoutée.

3. La création d’un identifiant personnel de santé

Les données de santé nécessitent, l’utilisation d’un identifiant spécifique, différent du NISS (Numéro d’identification de la Sécurité sociale) et ceci en application de recommandations successives de la Commission pour la protection de la vie privée et du Conseil de l’Europe.

L’identifiant de santé permet de rapprocher des données dispersées dans l’espace et dans le temps et de les lier à une seule et même personne, qui n’est cependant identifiée que par un numéro.

Le fait de disposer de numéros d’identifications différents dans le cadre de la sécurité sociale et dans le cadre des données de santé permet de cloisonner ces deux types d’applications et évite le rapprochement des données de santé avec des données de sécurité sociale et avec d’autres données administratives qui utilisent comme identifiant le numéro du registre national qui est identique au numéro NISS.

4. Le dossier santé partagé

Le gestionnaire du dossier médical global crée, avec le consentement du patient un dossier santé partagé qui a pour finalités de permettre à tout moment, à tout professionnel de la santé qui le soigne, de fournir et de consulter les informations nécessaires pour assurer de manière optimale sa prise en charge et la continuité de ses soins, dans le respect de la protection de la vie privée et du secret professionnel.

Les professionnels qui y accèdent sont identifiés et authentifiés par un système public, développé au sein de la plateforme BeHealth et qui repose sur la banque de données fédérale des professionnels de la santé.

5. Les applications de télémédecine

On entend par télémédecine, la communication de données de santé personnelles entre un patient et un professionnel de la santé, pour la délivrance, totale ou partielle et à distance, d’un diagnostic, d’un traitement ou de soins ou d’une intervention relative à la santé.  La loi donnera la possibilité, dans un premier temps, d’intégrer dans les soins de santé et dans la sécurité sociale, trois concepts novateurs :

·            la téléconsultance est la consultation d’un ou de plusieurs médecins par un médecin présent à un niveau local, relatif au cas d’un patient, à son diagnostic ou à son traitement, à l’aide de moyens de communication;

·            le télémonitoring est la capture, la transmission, le traitement et la réception de paramètres d’un patient, avec ou sans son intervention. Ces paramètres permettent à des professionnels de la santé situés à distance, d’évaluer et de suivre l’état de santé d’un patient et de décider de certaines interventions de santé, dans la limite permise par les paramètres transmis;

·            la prescription électronique.

6. Règles de sécurité

Pour les applications qui, en raison de la concentration élevée de données personnelles, présentent un risque particulier en matière de protection de la vie privée : le dossier santé partagé, les registres, le recueil télématique de la volonté personnelle, des règles particulières (notamment l’autorisation du Comité sectoriel et l’utilisation obligatoire du numéro d’identification de santé personnel) seront fixées dans la loi.  Enfin, la loi en projet traitera des registres et du recueil télématique de la volonté personnelle dans le cadre notamment du don d’organe.

 

Conclusions :

 

Le transfert électronique d’information sur la santé entre secteurs de compétence pourrait procurer une gamme d’avantages directs et indirects aux patients, aux professionnels de la santé et aux administrateurs de la santé publique et des soins de santé. Les principaux avantages directs se situent aux plans épidémiologique, clinique, économique, social, technologique et gestionnel.

Pour les professionnels de la santé, il est très important de pouvoir accéder aux antécédents médicaux des patients lorsque cela s’avère nécessaire, particulièrement en cas d’urgence, le transfert d’information sur la santé entre secteurs de compétence est susceptible d’améliorer la coordination et la continuité des soins aux patients.

La mise en place de systèmes interopérables de dossiers médicaux à travers le pays pourrait permettre à l’administration fédérale au sens large et aux dispensateurs de soins de santé de réduire leurs dépenses en diminuant le dédoublement des dossiers et en éliminant la paperasse excessive.

La libre circulation de l’information sur la santé entre secteurs de compétence, enrichie par l’identification unique des patients et des dispensateurs, permettrait de réaliser des économies considérables.  Les avantages économiques du transfert d’information sur la santé entre secteurs de compétence pourraient se concrétiser principalement par le remplacement des documents qui circulent par la technologie électronique.

L’échange d’information sur les résultats économiques et en matière de santé à travers le pays pourrait permettre la réalisation d’analyses constantes de rentabilité et d’analyses des indicateurs de la qualité de vie à l’échelle nationale, ce qui faciliterait la communication des meilleures pratiques.

En outre, les questions de gestion que soulèvent les changements rapides, les tendances démographiques, la révolution technologique, etc. sont les mêmes à peu près partout dans le pays La possibilité d’échanger des données brutes entre les les niveaux organisationnels et entre établissements similaires des différents secteurs et de discuter des problèmes et des solutions permettrait d’améliorer la qualité de la gestion des soins de santé.

La mise en place de la plate-forme de la santé pourrait permettre de regrouper et d’intégrer virtuellement les systèmes de soins de santé en un nouveau système de soins de santé plus efficient et plus rationalisé.

 

 

SENAT

Séance plénière – 27/10/2005

 

Demande d’explications de M. Jan Steverlynck au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur «le plan d’action relatif aux e-soins de santé» (nº 3-1060)        


M. le président
. – Mme Gisèle Mandaila Malamba, secrétaire d’État aux Familles et aux Personnes handicapées ; adjointe au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, répondra au nom de M. Rudy Demotte, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique.         

M. Jan Steverlynck (CD&V). – Les TIC (technologies de l’information et de la communication) joueront incontestablement un rôle de plus en plus grand dans les soins de santé. Cette évolution peut être bénéfique pour toutes les parties concernées et mérite donc tout le soutien possible de la part des pouvoirs publics. Je voudrais parler de trois questions prioritaires relatives aux e-soins.

Début juin 2005, la Commission européenne a publié une communication intitulée « i2010 – Une société de l’information pour la croissance et l’emploi » et qui prévoit notamment qu’au moyen des programmes nationaux de réforme, à établir pour la mi-octobre 2005, les États membres doivent fixer des priorités pour la société de l’information, conformes aux directives intégrées relatives à la croissance et à l’emploi. Une des priorités avancées par la Commission dans le domaine des TIC concerne les soins dans une société vieillissante, surtout pour les technologies qui favorisent le bien-être, l’autonomie et la santé.

Les États membres doivent ensuite faire annuellement rapport sur les prestations dans les rapports d’exécution des programmes nationaux de réforme, conformément à la nouvelle gouvernance de la stratégie de Lisbonne. Les progrès seront évalués dans le rapport intermédiaire annuel pour l’agenda de Lisbonne.

En second lieu a été publiée, le 30 avril 2004, dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, la communication de la Commission européenne « Santé en ligne – Améliorer les soins de santé pour les citoyens européens ». On y demande aux États membres de rédiger, au plus tard à la fin de 2005, un scénario pour les e-soins de santé.

En troisième lieu, je voudrais encore citer quelques points concrets. Pour mettre en place une politique efficace et énergique d’e-soins de santé, il est à mon sens d’abord indiqué que les autorités réalisent une étude de faisabilité et rendent un avis sur la question du marché futur des e-soins de santé en Belgique. Il faudra y prendre en compte l’impact socio-économique des e-soins pour les personnes âgées, l’aide médico-sociale, les prestataires de soins, les institutions, diverses instances publiques et le public en général.

En outre, il serait bon de créer un groupe d’experts des principales parties intéressées. Il importe que des disciplines diverses y soient représentées, y compris des personnes âgées et des prestataires informels de soins, et des organisations de la société civile, comme les praticiens, les mutuelles, la recherche et les entreprises. Ce groupe peut rendre des avis aux autorités sur les aspects juridiques, éthiques et financiers des e-soins.

Cela devrait ensuite déboucher sur un plan d’action et permettre une approche coordonnée. Un tel plan d’action doit fournir une réponse à la question des responsabilités politiques : comment la politique des personnes âgées liée aux e-soins doit-elle être menée ?

D’autres pays sont confrontés aux mêmes questions et problèmes quant à l’implémentation des e-soins. Dans certains cas, ils ont déjà obtenu des informations importantes grâce à toute sorte d’études. Lors du séminaire qui a eu lieu en juin au Sénat, certains de ces exemples étrangers ont d’ailleurs été évoqués. On peut donc faire appel à l’expérience d’autres pays.

En réponse à ma question écrite, le ministre indiquait qu’au cours du deuxième semestre de 2005, un projet de loi relatif à la télématique serait soumis au Conseil des ministres pour être transmis au Conseil d’État après avis de la Commission de protection de la vie privée. Le ministre propose aussi des critères généraux de qualité pour soutenir un système de label pour l’application de la télémédecine. La commission « Normes en matière de télématique au service du secteur des soins de santé » veillerait à la rédaction de recommandations techniques afin de concrétiser les procédures d’attribution d’un label. Tous les acteurs de terrain seront, selon la réponse du ministre, impliqués dans ce processus.

Où en est le ministre avec les programmes de réforme et la définition des priorités pour la société de l’information dans le domaine des e-soins dans une société vieillissante ? Qu’a proposé ou que proposera le gouvernement à la Commission européenne en réponse à la communication de juin ? Quelles mesures le ministre prendra-t-il pour remettre chaque année un rapport ?

Y a-t-il déjà un scénario pour les e-soins de santé, conformément à la recommandation européenne d’avril 2004 ? Sinon, pour quand pouvons-nous l’attendre ? Le ministre peut-il en donner un bref résumé ? Comment le scénario a-t-il été mis au point ? Quelles instances ont-elles été consultées pour sa rédaction ? Quels projets ou propositions le ministre remettra-t-il à la Commission européenne pour la fin de 2005 ?

Le ministre partage-t-il l’avis selon lequel une étude de faisabilité est nécessaire pour une bonne politique d’e-soins ? Qu’entreprendra le ministre à ce sujet ? Quel sera le calendrier ?

Que pense le ministre de la création d’un groupe rassemblant les partenaires-clés ? Que pouvons-nous en attendre ?

Consulte-t-on et utilise-t-on des études semblables menées dans d’autres États membres ? Cela a-t-il déjà débouché sur des accords de coopération ? Si oui, lesquels ?

Le ministre peut-il donner un aperçu des éventuels projets-pilotes dans lesquels les autorités fédérales sont impliquées ? De nouveaux projets-pilotes sont-ils envisagés dans un avenir proche ? Existe-t-il déjà des initiatives visant à appliquer certains projets à une plus grande échelle et à abandonner ainsi la phase expérimentale ?

Les entreprises sont-elles impliquées dans des projets ? Si oui, de quelle manière ?

A-t-on déjà entrepris des démarches pour rembourser aux patients, par le biais des mutuelles, les coûts spécifiques liés aux e-soins ?

Dans le domaine des soins de santé, les Communautés ont également de nombreuses compétences. Le pouvoir fédéral se concerte-t-il avec les Communautés flamande, française et germanophone ? Sinon, le pouvoir fédéral envisage-t-il de mettre en place une concertation structurelle avec les Communautés ?

Où en est le projet de loi relative à la télématique ? Quand sera-t-il déposé au parlement ?   

Mme Gisèle Mandaila Malamba, secrétaire d’État aux Familles et aux Personnes handicapées ; adjointe au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique. – La modernisation des soins de santé par le développement coordonné de l’informatique et de la télématique est une des priorités du ministre des Affaires sociales ; elle rejoint les priorités de la Commission européenne en matière de la société de l’information.

En 2004, deux notes ont été présentées au Conseil des ministres et y ont été approuvées. Ces notes traitent du concept de la plate-forme commune BeHealth ainsi que de son financement et de sa gestion. La dernière note a été approuvée par le Conseil des ministres le 23 décembre 2004.

La stratégie de développement des soins de santé par voie électronique s’appuie sur trois chantiers réglementaires, prioritaires et complémentaires :

La mise en place d’éléments renforçant la confidentialité et la maîtrise des données de santé, et notamment la définition des données de santé, la création d’un numéro d’identification personnel de santé et l’institution d’un comité sectoriel pour les données de santé ;

La fixation de règles et de standards qui garantissent la sécurité et l’interopérabilité des logiciels pour le dossier médical et les applications télémédicales ;

La mise en place d’une plate-forme télématique d’accès commun.

Chacun de ces trois chantiers devrait faire l’objet d’une initiative réglementaire distincte.

De tels projets ne peuvent que tirer profit des règles et des standards déjà mis en pratique, évalués et acceptés par les utilisateurs.

Deux groupes de travail, l’un pour la gestion et l’autre pour les utilisateurs, dont les acteurs de la santé, s’occupent de la plate-forme commune télématique.

Les projets que je vais citer ont été développés à l’initiative du gouvernement fédéral et ont permis d’engranger des résultats substantiels et de préparer ainsi, sous forme de projets pilotes, le déploiement de réseaux de santé plus ambitieux à l’échelon national :

La labellisation des logiciels de gestion du dossier médical des généralistes, des dentistes, des kinésithérapeutes (la labellisation des logiciels pour les pharmacies et les infirmiers est en préparation) ;

Les critères de qualité pour les systèmes d’information hospitaliers, avec une attention toute particulière à la sécurité et à l’interopérabilité ;

Le projet Sumehr (Summarized Electronic Health Record) dont les résultats sont pris en compte pour la création d’un « dossier médical européen d’urgence » ;

Le projet Flow (Health Care Network for Health Care Professionals around Shared Patient Records) qui a permis d’appliquer en mode réel des résultats de recherches internationales et de définir un certain nombre de précautions que nous veillons à intégrer dans le cadre légal ;

De nombreux projets pour améliorer la communication entre l’hôpital de médecine de pointe et les médecins généralistes pratiquant dans leur zone d’attraction.

Les informations détaillées relatives à ces projets peuvent être consultées à l’adresse http://www.health.fgov.be/telematics/.

Dès à présent, le cabinet du ministre des Affaires sociales participe à des réunions de concertation avec Agoria, fédération belge multisectorielle de l’industrie technologique.

Avant de décider quelles prestations télématiques de soins pourront être prises en charge par l’assurance-maladie, il faudra fixer leur fonctionnalité et les conditions de sécurité.

En matière de protection de la vie privée, c’est le législateur fédéral qui est compétent. Toutefois, en matière de santé, les compétences sont partagées, ce qui constitue une raison évidente pour une nécessaire concertation avec les Communautés et les Régions.

Mon collège annoncera prochainement le contenu des projets et leur calendrier, en concertation avec le ministre de l’Emploi et de l’informatisation de l’État.                                 

M. Jan Steverlynck (CD&V). – Le ministre fait expressément référence au scénario demandé par la Commission européenne en 2004. Je n’ai reçu aucune réponse quant à l’importante communication de juin de la Commission, dans laquelle elle demande nos priorités pour la mi-octobre. C’est précisément cette problématique qui concerne les TIC dans la société vieillissante. On n’y parlait pas tant des soins dans les hôpitaux ou des prestataires de soins de santé mais des soins à domicile. Comment veillera-t-on à ce que la télématique puisse être utilisée pour mieux organiser les soins à distance et les soins à domicile ?

Les projets-pilotes en cours, tels que Telesenior, risquent de disparaître aujourd’hui à cause du manque de clarté des compétences fédérales et communautaires. C’est certainement le cas pour les soins à domicile, pour lesquels les Communautés sont compétentes. Je souhaite en rediscuter ultérieurement avec le ministre.           

 

 

CHAMBRE DES REPRESENTANTS

 

Commission "Santé publique" – 12/7/2005

 

 

 

Question 11

 

11 Question de Mme Yolande Avontroodt au ministre des Affaires sociales et de la Santé publique sur "le projet d'informatisation BeHealth" (n° 7825)

 

 

11.01 Yolande Avontroodt (VLD) : L'important projet d'informatisation BeHealth a reçu le 23 décembre 2004 le feu vert du conseil des ministres. L'objectif est de mettre à disposition en ligne, par le biais d'un site portail, toutes les informations et applications en matière de soins de santé, de manière à aboutir à des soins de santé plus accessibles et de meilleure qualité. Comment est organisée la transmission des flux de données et qui en assure la coordination? Qu'en est-il des initiatives SUMEHR (Summarized Electronic Health Record), KMEHR (Kind Messages for Electronic Healthcare Record) et Flow? Certaines réalisations techniques sont-elles envisageables dès 2005? Le budget prévu de 1,4 million d'euros sera-t-il suffisant? Quelles dépenses ont déjà été réalisées? Des projets-pilotes sont-ils déjà menés? A-t-on déjà connaissance de certains résultats intérimaires? La carte d'identité électronique est importante pour le dossier électronique du patient. Le ministre fixera-t-il un nombre minimum ou maximum de données à consigner dans ce dossier? Qui fournira les données? Les hôpitaux consentent d'importants investissements pour le dossier médical global électronique. Ces investissements seront-ils compatibles avec les projets du ministre? Qui conseille le groupe de travail, par exemple en ce qui concerne le SmalS? De quelle manière le marché sera-t-il consulté?

 

11.02 Rudy Demotte, ministre : Après l'adoption en Conseil des ministres du projet BeHealth, les partenaires qui le défendent ont commencé les analyses techniques et financières. Le Service public fédéral Technologie de l'information et de la communication, qui coordonne le projet, met son expertise à leur disposition et leur prête main-forte. Durant cette phase, le regroupement de tous les flux de données n'est pas encore à l'ordre du jour. En 2005, nous nous concentrons sur cinq projets pilote pour développer les services de base et valider le modèle technique de la plate-forme. L'un de ces projets est pris en charge par le SPF Santé publique. Ce projet permet aux médecins de consulter et de mettre à jour en ligne une partie de leurs données caractéristiques. Une mission de consultance a été confiée à la SmalS qui met au point une simulation financière qui permettra de coordonner les objectifs visés avec le budget disponible. Il est impossible d'établir d'ores et déjà un état des dépenses. En soutenant le projet KMEHR, le SPF Santé publique cherche à standardiser les échanges de données en matière de santé. Ce projet est compatible avec les propositions internationales mais est dépendant d'une offre commerciale suffisante. Le dossier santé historique SUMEHR deviendra l'un des éléments du dossier de santé partagé, intégré au sein d'un réseau de santé. Les deux prototypes s'inscrivent dans le contexte du projet Flow. Le principe du dossier de santé électronique sera mis en œuvre dans une proposition de loi relative au traitement et à l'informatisation des données de santé. BeHealth peut faire office de banque carrefour pour l’identification des utilisateurs – prestataires de soins et patients – et pour la gestion des droits de consultation y afférents. La carte d’identité électronique y sera intégrée dans sa fonction de moyen d’identification. Les moyens publics sont suffisants pour permettre de faire évoluer ce dossier sans recours à des partenaires privés. Mon cabinet servira de centre de liaison et s’efforcera de maintenir la cohérence entre les différentes pièces de ce puzzle particulièrement complexe.

 

 

11.03 Yolande Avontroodt (VLD) : J’ai cru comprendre que des projets pilotes sont en cours dans quatre domaines mais je constate qu’il s’agit, en fait, de projets ad-hoc qui ont peu de liens entre eux et qui semblent en fin de compte assez éloigné de l’objectif initial de BeHealth, à savoir la constitution d’un dossier médical électronique. J’ai aussi la nette impression que le ministre n’implique pas suffisamment les prestataires de soins dans ces projets, ce qui pourrait bien s’avérer néfaste.

 

 

11.04 Rudy Demotte, ministre : Je partage en partie l’avis de Mme Avontroodt. Je propose que tous les intéressés étudient attentivement le puzzle et organisent un brainstorming sur l’avenir de BeHealth.

 

11.05 Yolande Avontroodt (VLD) : Je regrette l’absence de partenaires privés dans ces projets.

 

 

11.06 Rudy Demotte, ministre : Ils suivent trop souvent leur propre agenda et considèrent toujours, comme par hasard, leurs propres produits comme les plus appropriés.

 

11.07 Yolande Avontroodt (VLD) :  Wat gaat u doen met de ziekenhuizen ?

 

De voorzitter:

Wij moeten dit onderwerp beëindigen uit respect voor de collega’s. Ik ben lankmoedig geweest zoals het een erevoorzitter van een commissie betaamt.

 

L'incident est clos.